( 7 février, 2009 )

Karl Jung

Carl Gustav Jung est un psychiatre suisse né le 26 juillet 1875 Kesswil, Thurgovie, mort le 6 juin 1961 Küsnacht, canton de Zurich (Suisse). Penseur influent, il est l’auteur de nombreux ouvrages de psychologie et de psychosociologie en langue allemande. Il est le fondateur du courant de la psychologie analytique.

Son uvre a été liée avec celle de Sigmund Freud, dont il fut l’un des collaborateurs dans ses débuts avant de s’en séparer sur le plan personnel et pour des divergences théoriques. Carl Jung a été un pionnier de la psychologie des profondeurs. Son apport théorique et clinique a souligné la connexion fonctionnelle entre la structure de la psyché et celle de ses productions (c’est- -dire, ses manifestations culturelles). Ceci l’a amené introduire dans sa méthodologie des notions provenant de l’anthropologie, de l’alchimie, des r ves, de la mythologie et de la religion, mais aussi apporter des enrichissements ces domaines.

Carl Gustav Jung n’a pas été le premier se consacrer l’étude de l’activité onirique. Cependant, ses contributions l’analyse des r ves ont été étendues et hautement influentes. Il a écrit une uvre prolifique. Bien que, pendant la plus grande partie de sa vie, il ait centré son travail sur la formulation de théories psychologiques, et sur la pratique clinique, il a aussi fait des incursions dans d’autres domaines des humanités : depuis l’étude comparative de religions, la philosophie et la sociologie, jusqu’ la critique de l’art et de la littérature. Les concepts d’archétype, d’inconscient collectif et de synchronicité constituent sa contribution essentielle.

Biographie

Sources biographiques et le cas de Ma Vie

La biographie de Carl Gustav Jung n’est pas parfaitement connue car il a toujours refusé de rédiger lui m me l’intégralité de ses mémoires. Sa biographe attitrée est Aniéla Jaffé, qui a obtenu qu’il lui confie des éléments de sa vie partir de 1957. Il en a résulté l’ouvrage Ma vie – Souvenirs, r ves et pensées – recueillis par Aniéla Jaffé (1961). Jung y a écrit au moins quatre chapitres de son autobiographie. C’est une uvre profondément personnelle qui est acceptée comme son autobiographie officielle. Parce qu’elle est aussi personnelle, Jung a tenu la faire publier séparément de ses uvres compl tes.

Plusieurs de ses collaborateurs ont écrit des biographies de Jung dont : Marie-Louise Von Franz et Barbara Hannah. D’autres ont commenté son uvre dont Charles Baudoin. Leurs écrits procurent des détails quant la vie et au travail de Jung, compléments essentiels de ses propos tenus dans Ma Vie. Ils mettent en contexte des écrits parfois hermétiques et permettent d’en tirer les enseignements que Jung a voulu y coucher. Il convient aussi de mentionner le travail de Deirdre Bair, biographe de Samuel Beckett, Ana s Nin et Simone de Beauvoir, traduit en français en 2007 sous le titre Jung qui donne de nombreux détails sur la vie de Jung et sur lequel la biographie suivant est largement construite. Cette derni re demeure la plus compl te et la plus objective, en raison d’une part de la non filiation de Bair aux théories jungiennes, gage d’objectivité, mais surtout parce qu’elle a eu un acc s quasi total aux archives familiales. De m me, Bair a eu de nombreux entretiens avec les personnes ayant rencontré Jung.

Premi res années

Jung l’age de 6 ans.Carl Gustav Jung est né en 1875, Kesswil (Suisse), au sein d’une famille d’ascendance allemande et de tradition ecclésiastique du côté paternel,qui était pasteur luthérien).De son côté maternel, Jung comptait des anc tres médecins éminents.Pour le psychanalyste suisse, ces deux filiations antagonistes expliquent son double attrait pour la théologie d’une part, pour la médecine d’autre part et qui mod lera sa pensée.Par ailleurs il y voit la cause l’ayant conduit vivre sa relation lui-m me sous deux personnalités (dites A et B), l’une rationnelle, l’autre émotionnelle, identifiée sa m re.

Ces différences notables entre ces parents ont entraînées, pour Bair, des répercussions sur de nombreux aspects de la vie de Jung, expliquant jusqu’ son comportement avec ses conqu tes féminines ou m me ses relations avec ses coll gues masculins.

Dans ma Vie, Jung parle de son « mythe personnel ».Il aimait, en effet, dire qu’il remontait par parenté Goethe; son grand-p re affirmait en effet tre le fils illégitime du po te allemand. Éminent psychiatre d’avant garde, son grand-p re, Carl Gustav Jung (« 1″ pour le différencier de son fils homonyme) termina recteur de l’université de Bâle, puis créa un établissement pour les enfants handicapés mentaux: la Fondation de l’Espérance en 1857.Tr s moderne, il écrivit un article o préfigurait la future passion de son petit-fils, y parlant de la « dimension psychologique de la médecine ».Paul Jung, son p re, lui se consacra au sacerdoce et devint pasteur de campagne.

Sa m re, de son nom de jeune fille Emilie Presizwerk, était originaire de Nürtingen et descendait de protestants français établis en Allemagne apr s la révocation de l’Edit de Nantes.Elle est la fille de Augusta Faber, m re de douze enfants. C’était une femme passionnée d’occultisme; son histoire personnelle explique la prédominance, au sein de la famille des Jung, d’une aura de phénom nes paranormaux qui expliquera sans doute l’attrait et la fascination de Carl Gustav au sein de sa carri re. Bair rapporte notamment plusieurs épisodes familiaux étranges, que Jung vivait au contact de sa m re, férue de spiritisme, de table tournante et de dialogue avec l’au-del . Celui-ci, devenu jeune homme, y participa de lui-m me, et plus tard, alors psychiatre, en fut également l’initiative.

Tr s tôt, Jung sent en lui deux personnalités qui cohabitent, qu’il nomme 1 et 2.Sa m re fut la premi re parler de cet état dissocié de conscience.Plus tard C.G Jung décrirait la personnalité numéro 1 comme consciente et conventionnelle, « inoffensive et humaine », et la numéro 2 comme inconsciente, « redoutable (…) ne se manifestant que par moments mais toujours l’improviste et faisant peur ».

Enfance et adolescence de Jung

Jung était un enfant introverti et tr s isolé.Il fut tr s tôt confronté, en raison du travail de son p re pasteur, des sc nes violentes et macabres.Un jour on le retrouva fasciné par une rigole de sang s’écoulant de cadavres de noyés et rep chés par les gens du village. Sa m re, dépressive, s’absenta plus d’une fois, pour de longs séjours dans des maisons de repos. A chaque fois le jeune Jung en nourrit de la culpabilité, s’attachant l’idée qu’on ne pouvait faire confiance au féminin.Carl Gustav fut alors éduqué par des servantes dont l’une, tr s affectueuse envers lui, lui inspira le concept d’ anima.Souvent livré lui-m me en raison du travail de son p re, CG « ne pouvait compter que sur son imagination pour se distraire, et il avait fréquemment recours aux r ves et aux songes pour inventer des jeux et des rituels secrets auxquels lui seul pouvait participer ». Ainsi le jeune Jung se passionna pour la biblioth que de son p re, fournie de romans de chevalerie, de traités de théologie, mais surtout des textes fondateurs de la religion catholique et de la littérature.Il apprit ainsi le latin avec son p re, quatre ans, et aimait employer des expressions latines en classe.

Montré du doigt comme un « monstre asocial » (selon le mot de son ami d’enfance Albert Oeri), cet état de fait permit néanmoins Jung de se concentrer sur sa vie intérieure, source de connaissance et d’introspection qui en fera plus tard un explorateur de la psyché. Mais des r ves qu’il eut alors dévoilait des contenus macabres ou sexuels.Le r ve dit du phallus notamment, premi re confrontation pour lui avec le complexe du Soi, fut pour Jung « un message destiné au monde (…) parvenu avec une force écrasante…Et de l émergea [s]on uvre scientifique ».De son enfance il garde également le souvenir d’une peur irrationnelle pour les églises et les curés en soutane.Lors d’une visite de l’église baroque de Domplatz, le jeune Jung tomba et s’ouvrit le menton.Assimilant cette douleur a une punition pour sa curiosité, il en gardera un souvenir négatif pour les églises, amalgamé « une peur secr te du sang, des chutes et des jésuites ». Bagarreur et agressif, il était constamment puni par ses professeurs.Il fut traumatisé toute sa vie pour une accusation d’avoir copié une composition en allemand alors que seule son intelligence lui avait permis de rédiger ce devoir.Ses camarades de classe le surnomm rent alors, en raison de cette culture, le « patriarche Abraham ». Son p re dut ensuite muté la clinique psychiatrique universitaire de Bâle (en Suisse, les pasteurs de l’époque devaient exercer une activité complémentaire). Carl Gustav découvrit alors secr tement les lectures de son p re sur les maladies mentales. Cette époque de sa vie co ncida avec de nombreuses syncopes inexpliquées qui le handicapaient tellement que son p re l’envoya chez son fr re, Ernst Jung. C.G Jung raconte que, ayant entendu ses parents parler de son cas et de son incurabilité, le jeune homme réussit, par la seule force de sa volonté, surmonter une autre crise.Cet épisode l’intronisa la notion de névrose. D s lors, il intensifia ses lectures, et montra aussi un profond intér t pour les essais de philosophes comme von Hartmann, pour le sociologue Johann Jacob Bachofen, mais aussi pour Nietzsche, notamment son Ainsi parlait Zarathoustra, et pour Goethe qui le fascinait. Il lut également Schopenhauer et Emmanuel Kant, Hölderlin et les légendes du Saint-Graal qu’il connaissait par c ur. « Tous les mythes-de tous les pays et de toutes les cultures-devinrent ses th mes de prédilection ». De cette époque, il garde une certaine déception pour la mani re avec laquelle son p re abordait le sujet de la foi, que lui consid re comme tristement précaire.Un r ve récurrent témoigne alors de sa relation au religieux: il vit souvent Dieu déféquer sur une église. Pourtant pour la famille et les amis, il allait de soi que C.G Jung serait un jour ministre du culte. Mais, en raison des probl mes financiers de ses parents, il décida « par opportunisme », de s’orienter vers la médecine, décision renforcée encore par la mort de son p re, foudroyé par un cancer, le 28 janvier 1896.

Études

En 1895 1897, Jung étudie l’université de Bâle l’anatomie et la physiologie, qui l’intéressent au plus haut point. L’étudiant, initialement introverti, s’épanouit progressivement dans ce nouveau contexte universitaire. Malheureusement sa famille, faute de moyens, requi re qu’il abandonne ses études pour un métier plus rapidement rentable. C.G JUng eut alors recours un stratag me pour ne pas perdre de vue son ambition: il contracta un accord avec son oncle Ernst Jung. Celui-ci lui pr tait de l’argent intervalles réguliers, jusqu’ l’obtention de son diplôme. Vers la fin de ses études, devant choisir une spécialité, ses lectures de Richard von Krafft-Ebing et de son livre fondateur de la sexologie: Psychopathia Sexualis le persuadent de se spécialiser en médecine psychiatrique.Néanmoins ce sont peut tre deux phénom nes occultes d’alors qui orient rent son choix, la psychiatrie s’intéressant alors aux « phénom nes dits occultes ».Cet intér t pour ce domaine méprisé fut conforté par des lectures d’ouvrages spirites: Les r ves d’un visionnaire de Emmanuel Kant, Zöllner, Crookes, Emanuel Swedenborg parmi les plus cél bres.

Il suivit donc les cours de Ludwig Wille (1834-1912); puis obtint son diplôme le 28 septembre 1900.Il exerça comme généraliste un temps dans le village de Mânnedof, pr s du lac de Zurich, ne pouvant tre psychiatre qu’une fois sa th se validée.Il fit ainsi sa premi re conférence, en novembre 1896 la société de Zofingue sur « les fronti res des sciences exactes ».Cependant, son attrait pour la théologie était toujours vivace: il fit une autre conférence sur le théologien Albrecht Ritschl qui déniait la dimension mystique dans la religion.La lecture de la Vie de Jésus d’Ernest Renan initia son intér t pour le personnage historique de Jésus.A côté de ses activités scientifiques, il participe des séances de spiritisme organisées par la société de Zofingue et qui constituent sa mati re premi re pour sa th se, consacrée aux « phénom nes dits occultes ». En juin 1895, il étudie le phénom ne des tables tournantes au sein m me se sa famille, expérimentant le cas de sa cousine Helly, reconnue comme médium.

Au Bürghozli

Jung s’inscrit l’université de Zurich, ayant l’intention de travailler avec Eug ne Bleuler (1857-1939) sa th se s’intitulant Psychologie et pathologie des phénom nes dits occultes et fondée sur le cas de sa cousine médium Helly. Jung s’installe donc Zurich en 1900, embauché par Bleuler comme psychiatre de la clinique du Burghölzli, établissement de soins psychiatriques d’avant garde, aux méthodes modernes.

La clinique universitaire de ZurichAu Burghölzli, Jung se consacre exclusivement son travail et la rédaction de sa th se, sous l’autorité de Bleuler.Des raisons financi res le confortent dans son idée de privilégier le travail; ainsi il ne sortit pas de l’institut pendant les six premiers mois.Objet de méfiance de la part des autres médecins, Jung se mit en t te de lire la totalité des cinquante volumes de l’ Allgemeine Zeitschrift für Psychiatrie, la revue prestigieuse allemande de psychiatrie de 1836.Par ailleurs Bleuler témoigne de l’intér t pour les recherches de Jung sur le cas de Helly, sans toutefois l’orienter dans ses hypoth ses.Sa th se offrait un panorama des étrangetés psychiatriques du phénom ne de médium, jusqu’ des concepts de conscience modifiée comme la cryptomnésie, cél bre chez Friedrich Nietzsche (dont Jung entretenait une correspondance avec la s ur, Elisabeth Förster-Nietzsche).

Sa thèse achevée, il travaille de 1901 1904 avec le médecin Riklin sur la méthode des associations libres inventée par Sigmund Freud dont il découvre les écrits en 1900 (mais qu’il ne rencontre qu’en 1907), sans pour autant en tre enthousiasmé. Avec Riklin, Jung observe alors que le temps de réaction différait selon les patients, mis face des mots liés un vécu personnel douloureux. Jung nomme alors, avec Riklin, complexe ces fragments psychiques forte charge affective, séparé du conscient et constitué « d’un élément central et d’un grand nombre d’associations secondaires constellés ».Pour améliorer les résultats, Jung invente une variante du galvanom tre (nommé plus tard le « psychogalvanom tre ») qui calculait la réponse du sujet aux mots inducteurs selon les « effets galvaniques » (rythme respiratoire, pouls, transpiration), précurseur du « détecteur de mensonges.

En 1901, il se marie Emma Rauschenbach, dont il dira « D s que je l’ai vue, j’ai su que c’est avec elle que je me marierai ». Ils auront cinq enfants (Emma meurt en 1955, quelques années avant lui). Leur relation a été troublée par des infidélités de Jung dont l’une, connue de tous ses proches, avec son ancienne analysante elle-m me devenue analyste, Toni Wolf, avec laquelle il entretiendra aussi une relation intellectuelle fertile).D’une riche famille de fabricants de montre cél bre (IWC), C.G Jung n’eut d s lors plus de probl mes financiers.

Jung se penche ensuite sur le phénom ne du somnambulisme, apr s avoir lu Des Indes la plan te Mars de Théodore Flournoy, qui expérimentait Gen ve ce type de pathologie.Jung en vint donc demander Bleuler un congé sabbatique pour se rendre Paris et assister aux cours de Pierre Janet et d’Alfred Binet, ce qu’il fit en 1902.Puis il se rend Londres.

D s 1904, les Jung emménagent non loin du Burghölzli; C.G Jung étant devenu professeur adjoint l’université de Zurich.Les Jung demeure peu sociaux, C.G travaillant toujours davantage.La m me année naît sa premi re fille, Agathe Regina.Depuis ce moment, Emma Jung se consacre la gestion du foyer, laissant de côté ses activités intellectuelles sur le Saint Graal.

Graphique de l’étude expérimentale, menée en 1910 par Carl Gustav Jung, sur l’association automatique de mot dite « méthode de l’association libre ». Au Bürgölzi, Jung continue ses recherches sur les complexes, « s’efforçant de trouver dans l’esprit de chacun l’intrus responsable du blocage de la libido ».Cette découverte et cette pratique sont souvent attribuées Freud. La référence la psychanalyse de Freud commença d s cette année. Jung avait lu L’interprétation des r ves en 1900 et sa th se recelait quelques références au fondateur de la psychanalyse. La théorie de la névrose et du refoulement lui donn rent les moyens de continuer ses recherches, m me s’il ne partageait pas l’opinion de Freud sur l’origine traumatique des refoulements névrotiques. La premi re lettre de Jung Freud date du 25 septembre 1905; il y explique le cas d’une patiente, Sabina Spielrein, dont il devient le psychiatre, l’analyste et l’amant pendant pr s de sept années, hospitalisée pour des crises d’hystérie. Jung se confie alors Freud sur sa relation Spielrein, avouant que « pendant sa cure, ma patiente eut le malheur de tomber amoureuse de moi ».

En 1905, il est nommé professeur de psychiatrie l’université de Zurich, et a déj publié les deux volumes consacrés l’étude des associations libres avec Riklin.Celui-ci quitte Zurich, Jung fait donc appel d’autres médecins pour continuer ses recherches. Le rejoignent: Karl Abraham, Hans Maier et Emma Fürst. Jung donne ses premiers cours sur « la signification psychopathologique des expériences d’associations ». Le succ s de son psychogalvanom tre le conduisit accepter d’ tre expert aupr s des tribunaux, dans l’étude des témoignages en justice, pensant que ses découvertes pourraient tre utilisées « des fins pratiques ».Les tribunaux de Zurich l’appel rent souvent la barre, et les apports de Jung permirent la résolution de nombreux cas épineux.

Au Burghölzli, Jung était visité par nombre de médecins d’Europe et d’Amérique, curieux de son travail; il y acquit une solide réputation. Hugo Munsterberg, professeur de psychologie Harvard utilisa ainsi ses expériences d’associations de mots en milieu judiciaire et s’en appropria la primauté.Jung apprit ce détournement et demande au professeur des excuses publiques.

A l’université de Zurich, ses cours devinrent d’une grande popularité également, car tr s syncrétiques: Jung abordait des th mes aussi divers que l’hypnose ou le processus de création chez les écrivains (Conrad Ferdinand Meyer par exemple) ou chez les musiciens (Robert Schumann). Ses cours étaient littéralement pris d’assaut par des femmes de la bourgeoisie zurichoise, que ses détracteurs de l’époque surnommaient les eürichberg Pelzmäntel (« les dames en manteaux de fourrures »), qui lui faisaient une « renommée locale de magicien ». Parall lement, Spielrein révélait tout le monde son histoire d’amour avec le psychiatre suisse. Malgré la réticence de Bleuler, Jung devint son Oberarzt, son premier assistant et dut s’acquitter des tâches administratives de la clinique. Ses détracteurs fustig rent son manque de considération pour ses patients qui n’étaient pour lui que des matériaux de travail.La brouille avec Bleuler s’exacerba en 1906 lorsque Jung décida d’entrer en contact avec Freud, persona non grata alors dans le monde universitaire.De l commence sa coopération avec la psychanalyse naissante. Lucide, Jung sut alors les risques qu’il prenait: « Quand j’ai commencé avec Freud, je savais que je risquais ma carri re ».Il publie alors, avec moult références au travail de Freud, en 1906, ses Etudes diagnostiques sur les associations, qui synthétise ses recherches depuis son entrée au Burghözli.

La correspondance entre Freud et Jung fut alors intense et durerait jusqu’en 1914, date de leur rupture officielle. Jung manifestera toujours une grande émotion lorsqu’il évoquera Freud, en dépit de leurs différences d’âge (Fredu avait alors cinquante ans, Jung trente et un an). Peu apr s, Bleuler rejoignit le mouvement psychanalytique, faisant de Zurich un second pôle dévolu aux théories de Freud. Pourtant, d s ces débuts, la divergence qui conduira les deux hommes la rupture existait déj , latente.Dans un article de Jung défendant Freud contre les arguments de son détracteur Gustav Aschaffenburg, le psychiatre suisse fut peu enclin admettre le « fondement sexuel » de l’hystérie.Dans une lettre Freud, il lui concéda également qu’« un grand nombre de cas avaient une origine sexuelle, mais pas la totalité ». La correspondance elle-m me témoignait de leur différence: Freud répondait le jour m me aux questions de Jung alors que celui-ci attendait tr s longtemps avant d’envoyer sa réponse, toujours occupé des tâches administratives ou de recherche.

Relation avec Sigmund Freud

En 1906, Jung publie sa Psychologie de la démence précoce. Il envoie une copie de son livre Sigmund Freud, ce quoi Freud répond favorablement. Enthousiasmé par les propos de Jung qui ne cesse de défendre la psychanalyse, Freud désire se rapprocher du psychiatre suisse, s’ensuit une intense amitié « conflictuelle » entre les deux hommes.Néanmoins d s ces débuts, Freud retient du travail de Jung des « propos équivoques », une absence d’adhésion totale ses vues.Freud néanmoins les passe sous silence, conscient de l’intér t stratégique de l’ »école de Zurich » pour le développement de la psychanalyse naissante en Europe.Dans une lettre de Jung datée du 29 décembre 1906, il met au clair la nature de leurs divergences, énumérant cinq points polémiques (voir chapitre Relation et rupture avec Sigmund Freud).

En 1909 la Clark University, de gauche droite en bas Sigmund Freud, Stanley Hall, C.G.Jung; derri re: Abraham A. Brill, Ernest Jones, Sandor Ferenczi.Les relations de Jung avec Eug ne Bleuler se dégradant, Emma Jung fit entendre son mari la nécessité de quitter le Burghölzli pour fonder son propre cabinet et acquérir sa propre client le. Néanmoins, afin d’éviter un déballage public de leurs différends, Jung et Bleuler tomb rent d’accord pour ne pas précipiter le départ de Jung. Pendant ce temps, Jung continuait ses recherches sur les associations, y compris sur lui-m me, avec le médecin Ludwig Binswanger. Jung décida en 1907, afin de mettre de la distance avec Bleuler, de rendre visite Vienne Freud. Les deux hommes se rencontr rent donc le dimanche 3 mars 1907, chez lui, en famille. D’emblée Freud le désigne comme son « fils et héritier scientifique », le seul apte soustraire « la psychanalyse au danger de devenir une affaire nationale juive » (en effet la quasi totalité des gens autour de Freud étaient, comme lui, d’origine juive). S’ensuivirent treize heures de discussions intenses qui se termin rent sur une polémique: Jung voulut en effet connaître l’opinion de Freud sur les phénom nes parapsychologiques.F reud dénigra cet intér t pour des sujets tenant du folklore.Cependant, alors qu’ils argumentaient, un bruit de craquement vint de la biblioth que, par deux fois. Jung y vit une manifestation parapsychologique qui terrifia Freud et qui le poussa se méfier de Jung. Plus tard, celui-ci y vit une manifestation de la synchronicité. L’entrevue se termina sur une supplique de Freud. L’homme de Vienne demanda solennellement Jung : « Promettez-moi de ne jamais abandonner la théorie sexuelle! ». Pour Jung, ce comportement démontre la névrose de Freud, son ambition de se comporter en patriarche de la psychanalyse, et prouve son « matérialisme scientifique » qui sera la source de leur rupture en 1914.

A la suite de cette visite, Jung int gre officiellement la Société Psychanalytique de Vienne fondée en 1908, réunissant tous les partisans de Freud.Mais Jung révéla un de ses r ves Freud qui, depuis, le désigna comme un antisémite, ce qui allait constituer pour nombre de ses détracteurs l’argument expliquant sa dissidence d’avec Freud.

En 1908, Jung crée son propre cabinet d’analyse.Il fait donc construire une solide bâtisse, Küsnacht, en bordure du lac.Il dessine lui-m me les plans et confie sa conception son cousin architecte Ernst Fiecher.D s ce moment, Jung se sent le besoin de créer une demeure apte lui donner l’inspiration et la sécurité suffisante pour vivre sa vie intérieure.Il y fait ainsi graver, au-dessus de l’entrée un adage d’Erasme symbolisant sa pensée : « Vocatus atque non vocatus, Deus aderit » (« Qu’on l’invoque ou non, Dieu sera présent »).

Jung participe ensuite la création d’une société suisse de recherches freudiennes, réunissant d’éminents psychiatres et médecins.Sa proximité avec Freud s’accroît encore lorsqu’il donne une conférence au vif succ s intitulée L’importance de la théorie de Freud en neurologie et en psychiatrie.Sous la demande de Freud et d’Ernest Jones, désireux de fonder une revue internationale de psychanalyse afin de propager et fédérer les partisans, Jung se propose d’y participer.En 1908, la revue fut fondée, sous le nom de Jahrbuch für psychoanalytische und psychopathologische Forschungen (Annales de recherches psychanalytiques et psychopathologiques); Jung en était alors le rédacteur en chef. La notoriété internationale de Jung permit cette revue naissante de tr s vite toucher nombre de scientifiques.

Alors que Freud souhaitait que Jung mette toute son énergie et son temps dans la promotion de la psychanalyse, le psychiatre suisse nourrissait d’autres occupations, notamment les phénom nes occultes. D’ailleurs Jung fut élu membre honoraire de la Société Américaine de Recherches Psychiques pour ses « mérites comme occultistes ». Jung travailla alors au cas de Emil Schwyzer, dit l’ »homme au soleil phallique », interné au Burghözli, o Jung continuait exercer parfois, pour ses recherches. Il souhaitait faire de Schwyzer le point d’origine d’une nouvelle théorie de la démence précoce. Un autre cas pathologique, celui d’Otto Gross lui valut de mettre en uvre sa théorie des types psychologiques et qu’il présenta la premi re fois dans l’article de la Jahrbuch : De l’influence du p re sur la destinée de ses enfants. Il y parle également de la possibilité d’un inconscient collectif, théorie en germe donc en 1908.

Parall lement, sa relation avec Sabina Spielrein entrait dans une phase de cercle vicieux pour Jung qui avait de plus en plus de mal s’en défaire. Spielrein correspondit également avec Freud directement, lui donnant sa version de sa relation. Jung se défendit alors en disant que Spielrein avait transféré sur lui la figure du sauveur et de l’amant. Néanmoins il n’accepta jamais de parler de relation adultérine).

A son cabinet privé, Jung se fit connaître en soignant l’américain fortuné Joseph Medill McCormick, fils du magnat de la presse de Chicago. D s lors, son cabinet ne cessera d’accueillir des américains impressionnés par ses théories et sa cure. Il se rendit ainsi en Amérique pour une série de conférences l’université Clark. Freud se méfiait alors des États-Unis, incapables pour lui d’accueillir la psychanalyse; la notoriété de Jung dans ce pays accrut donc encore sa méfiance. Celle-ci pour Jung s’expliquait par des motifs personnels: « Au cours de toutes ces années o nous f mes si proches, il n’y eut que des projections » explique-t-il dans Ma Vie. Néanmoins, Freud, accompagné de Sendor Ferenzci (présenté Freud par Jung), se rend avec le psychiatre suisse aux Etats-Unis pour promouvoir la psychanalyse. Réfractaire, Freud ne se sent pas l’aise et, lors de leur retour, sur le port, le médecin viennois déf que dans son pantalon. Secouru par Jung, celui-ci lui dit vouloir l’analyser. Freud refuse, arguant ne pas vouloir risquer son autorité. Cet épisode accroît davantage la mésentente entre les deux hommes. Reclus dans sa chambre d’hôtel, Freud ne voit rien des Etats-Unis, alors que Jung, enjoué, rencontre Stanley Hall, William Stern, Albert Michelson, Franz Boas l’anthropologue, Adolf Meyer, Ernst Neumann, John Dewey et William Wundt; il développe donc ses relations outre-atlantique, ce qui expliquera sa notoriété en Amérique. Avec William James, qu’il rencontre lors d’une conférence l’université Clark, Jung s’entretient propos des phénom nes para-psychologiques et de leur volonté commune d’ uvrer dans leur étude; malheureusement James mourut en 1910.

Le concept d’inconscient collectif et le « cas Honneger »

Sous l’autorité de Jung depuis son entrée au Burghözli en 1909, Joahann Jakob Honneger se passionnait pour la psychanalyse, faisant de Freud son mod le. Jung lui donna étudier le cas d’ Emil Schwyzer, entré la clinique zurichoise en 1901. L’un de ses délires intéressait particuli rement Jung: il y voyait le soleil comme un astre sexué, possédant un phallus dont le mouvement érotique produisait le vent. Tr s vite, Honneger et Jung y voit la résurgence de mythes que le patient ne pouvait connaître, notamment la liturgie de Mithra. Un r ve de Jung l’oriente vers le concept d’archétype, qu’il développe réellement en 1912, dans Métamorphoses et symboles de la libido. Jung demanda donc Honneger de recueillir tous les matériaux possibles sur Schwyzer, sur lequel le jeune assistant faisait sa th se. Entrevoyant l’importance de ses découvertes, Jung mit une pression terrible sur Honneger, qui est considéré par certains spécialistes comme le véritable découvreur du concept d’inconscient collectif, récupéré par Jung. Cependant, la théorie culturelle de Jung existait déj , en dépit des conclusions de Honneger : dans une lettre Freud, Jung explicite sa position: « Nous ne résoudrons pas le fond de la névrose et de la psychose sans la mythologie et l’histoire des civilisations ».

En 1910, Honneger fait une conférence Nuremberg sur ses conclusions du cas de Schwyzer, intitulée la formation du délire parano aque, mais, peu apr s, atteint d’une affection psychopathologique, Honneger se suicida en 1911. Jung récupéra donc ses notes et entreprit de terminer son travail. Par ailleurs, la décharge de Jung, ses documents de travail disparurent. Les détracteurs de Jung l’accus rent plus tard d’avoir volé les travaux de son él ve, cependant, c’est bien Jung qui a su orienter le jeune assistant vers des ouvrages lui permettant de comprendre le cas Schwyzer.

Deirdre Bair, sans sa biographie de Jung conclut, aux vues des nombreuses archives qu’elle a compilé: « il n’existe aucun document permettant d’élucider cette question, et l’on en est réduit aux conjectures ». Il reste que Jung s’est penché sur le cas de Schwyzer d s 1901.Enfin, l’état psychologie de Honneger témoigne en faveur de Jung, qui n’a pu que s’inspirer des matériaux recueillis par son él ve.

Rupture avec Freud

En 1911, la psychanalyse était de renommée mondiale, grâce notamment au Congr s de Weimar. Dans sa vie intime, Jung rencontre Toni Wolff, dont la m re était venu en consultation, et qui l’attira beaucoup car férue de mythologie. Pour Bair « Toni Wolff devint la premi re d’une longue série de femmes qui gravit rent autour de Jung parce qu’il leur permettait de mettre leurs intér ts et leurs capacités intellectuelles au service de la psychologie analytique ». Jung entretint une relation triangulaire composé de Toni Wolff et de sa femme. Jung devint par ailleurs de plus en plus occupé des tâches administratives, ne pouvant peu continuer ses recherches, notamment sur l’origine de la religion. Président de l’Association Psychanalytique Internationale (API), rédacteur en chef des Jahrbuch, il ne put assurer une correspondance avec Freud qui le taxait se vouloir créer son propre mouvement psychanalytique, hors de son autorité naturelle.Ernest Jones est le premier entrevoir la future rupture entre les deux hommes, dont les causes m lent mésententes personnelles, divergences théoriques et caract res différents (voir chapitre Relation et rupture avec Freud).

Congr s international de psychanalyse de 1911, sous la présidence de JungJung rencontre en 1912 Miss Miller, portée la connaissance de Jung par les travaux de Théodore Flournoy, et dont le cas névrotique étaye davantage sa théorie de l’inconscient collectif.Freud parla alors d’ »hérésie », ce qui allait déclencher leur rupture. Néanmoins celle-ci fut largement consommée par ce qu’on a appelé le « geste de Kreuzlingen »: un malentendu sur l’envoi d’une lettre entre les deux hommes, et qui disparut, renvoyant chacun sur sa position. Deirdre Bair note que « Dans les courriers échangés entre le 8 juin et la fin du mois de novembre 1912, on ne trouve plus qu’amertume, récriminations et désir de vengeance ». Freud évoquerait encore ce geste dans sa Contribution l’histoire du mouvement psychanalytique, publié en 1914.

Mais une série de conférences aux États-Unis, et le livre qu’en tira Jung, intitulé La Théorie psychanalytique, envenime sérieusement la situation. Jung y voit l’occasion d’expliquer en quoi ses idées diff rent de celles de Freud. Aux États-Unis par ailleurs, Jung prétendit avoir analysé des patients noirs, et rendit visite au président Théodore Roosevelt.

Enfin, une fausse lettre écrite par Ernest Jones, prétendument envoyée par Jung son p re au Pays de Galles, qui discrédite l’autorité de Freud, motive son bannissement, d s le mois d’ao t 1912. D s lors, le mouvement psychanalytique se divisa en deux parties: les partisans de Freud d’un côté, ceux de Jung de l’autre, composé de Seif, Riklin, Johan Van Ophuijsen entre autres. Néanmoins leur échange épistolier continua toute l’année 1913 encore, écrits sur un ton formel, plein d’amertume, Jung continuant présider l’API et coordonner les Jarhbuch.

En 1913, comme pour officialiser cette rupture, Jung présent succinctement au XVII me Congr s International de Médecine organisé Londres en ao t. Il y définit sa nouvelle approche comme de la « psychologie analytique », la distinguant de la « psychanalyse » de Freud et de la « psychologie des profondeurs » de Bleuler.Jung y sugg re aussi de libérer la théorie psychanalytique de son « point de vue exclusivement sexuel » en se focalisant sur un nouveau point de vue énergétique, se fondant sur Henri Bergson.Jung y fit ensuite une intervention intitulée Contribution au probl me des types psychologiques, autre façon de se démarquer de Freud. Néanmoins, au final, Jung fut réélu pour un second mandat en tant que président de l’API.

Manuscrit original de la lettre de rupture de Freud a Jung (1913)

La confrontation l’Inconscient

1913 marque pour Jung un retour sur lui-m me: la rupture avec Freud va le confronter personnellement une désorientation totale, « l’impression de faire un terrible saut dans l’inconnu ». A cette époque, Jung dit s’ tre confronté l’inconscient, et c’est ce moment qu’il prit « conscience de son Soi/la totalité de lui-même, au travers de son travail », confrontation qui ne s’ach vera qu’en 1917. Pour Bair: « Tout se passa travers des visions et des r ves qu’il était incapable de comprendre ». L’interprétation de certains r ves lui donne l’idée, pour ne pas perdre sa raison, de « revivre » ses expériences de petit garçon afin d’en retrouver les émotions. Jung dit en effet n’avoir eu aucune capacité, lors de cette période, de se comporter en adulte et de mener des activités de recherche. Il démissionna alors de son poste l’université de Zurich et se tourna vers sa famille pour savoir s’il était encore normal. Il commença alors « écrire ses r ves » et construire des petits villages, activités ponctuées par la visite de patients qu’il avait le plus grand mal écouter. « J’étais sur la voie qui me menait vers mon mythe » admit-il plus tard. C’est aussi ce moment o , en secret, il rédige spontanément (en trois nuits), dans un événement extatique, Les Sept Sermons aux morts. Néanmoins la dimension gnostique de ce livre et ses conditions de rédaction, para-psychologiques, pouss rent Jung ne pas en parler, craignant d’ tre accuser de se comporter en proph te.

« America Facing Its Most Tragic Moment — Dr. Carl Jung », New York Times, 29 septembre (1912)Ses expériences de régression sont compilées dans son Livre noir, qu’il garde sa discrétion seule. Sa façon de diriger la cure analytique s’en ressent; il cherche alors chez ses patients les éléments de leurs « mythes personnels » et donne l les premiers signes d’une future théorie distincte de celle de Freud (il l’appelle cette époque: psychologie prospective).

Durant cette période de retour sur lui, Jung continue néanmoins de travailler la rédaction de Types psychologiques (que de nombreux spécialistes consid rent comme sa plus importante contribution au mouvement psychanalytique). Puis il démissionne de son poste aux Jahrbuch, se délivrant ainsi du temps supplémentaire sa recherche intérieure. Celle-ci passe par une méthode inventée par Jung, qui consiste se laisser aller aux fantasmes et visions diurnes, ce qu’il nomme l’ imagination active. Ces derni res furent consignées dans son Livre rouge, qui marqua aussi le début de son intér t pour le gnosticisme. Il y narre notamment la confrontation avec trois personnages imaginaires représentant des complexes projetés: Salomé, une femme, et Elie puis Philémon. A partir de ces rencontres, et avec l’aide de Toni Wolff, Jung définit les concepts de sa future pensée accomplie, ceux d’ anima, d’ animus et de persona. A l’issue de cette confrontation avec l’inconscient, Jung en ressortait grandit et affirmé, soucieux d s lors de rendre accessible au monde ses théories.

Fondation de la psychologie analytique

Peu peu, Jung constitue autour de lui (et d’Emma) un cercle de partisans, des couples la plupart du temps: les Maeder, les Riklin, les Sigg-Böddinghaus, Maria Moltzer et Oskar Pfister ainsi que des médecins du Burghölzli. Bleuler, réticent l’égard de Freud, organisa alors des réunions de psychologie. Jung reçut cette époque plusieurs fois, chez lui, Albert Einstein.Parall lement, sa client le avait considérablement augmenté et il en tirait de formidables revenus. Il fut ainsi l’analyste de David et Edith Eder qui furent ses premiers traducteurs. D s cette époque, Zurich devint le berceau de la psychologie analytique.Jung et ses partisans fondent donc le Club Psychologique de Zurich qui réunit nombre de personnes différentes, devenant, sous le succ s des ralliements, l’Association de Psychologie Analytique et dont Jung en devint le premier président d s 1914. Cette association avait pour but avouer de promouvoir les théories de Jung, et rassemblait la plupart des zurichois qui rompirent avec Freud, parmi lesquels: Riklin, Alphons Maeder, Adolf Keller, Emma Jung, Toni Wolff (devenue analyste entre-temps), Hans Trüb (qui devint l’analyste d’Emma Jung, en plus de son auxiliaire pour son travail de recherche sur le Saint Graal), Herbert Oczeret. Ses patients comptaient par ailleurs nombre de célébrités de l’époque: la directrice de l’école de danse Suzanne Perrottet, le maître de ballet de l’opéra de Berlin Max Pfister. Jung réunissait également chez lui des sommités du monde intellectuel: le chimiste Eduard Fierz, le mystique juif Siegmund Hurwitz également. Jung fit également la connaissance d’Edith Rockefeller qui le consulta pour dépression nerveuse.

Le Club de Psychologie Analytique organisa d s 1916 des conférences; la premi re fut intitulée l’individu et la société et avait pour but de présenter et de vulgariser les th ses de Jung. La question des types psychologiques entraîna des dissidences au sein du club. Jung travaillait alors lui-m me avec l’analyste bâlois Hans Schmid qui l’aida définir les fonctions psychiques. Cependant, leur collaboration cessa en 1915, apr s une brouille théorique relative l’individuation et surtout aux types supplémentaires ajoutés par Jung du conscient et de l’ inconscient. Jung reprit ensuite sa correspondance avec Sabina Spielrein alors restée fid le Freud, sur le thème des types psychologiques.

Jung publie ses Types psychologiques en 1921: il y définit plusieurs concepts capitaux de sa théorie: les types introvertis et extravertis d’une part, les quatre fonctions psychiques de l’autre, la théorie aboutissant donc huit types psychologiques possibles. Freud lut l’ouvrage alors et le déclara comme « le travail d’un snob et d’un mystique ». Pour Jung, cette approche pose les fondements de son cadre théorique, le poussant vers la philosophie, la théologie, l’art, la chiromancie, l’astrologie. Par ailleurs, il offre, selon lui un « syst me de comparaison et d’orientation rendant possible (…) une psychologie critique ». A ce moment l de sa vie, Jung était considérer comme le seul théoricien analytique capable de rivaliser avec Freud.

Herman Hesse, patient de JungJung a entre 1921 et 1922 Hermann Hesse comme patient, venu le consulter pour dépression nerveuse. L’écrivain doit beaucoup au psychiatre suisse dans l’élaboration de son univers littéraire. Un autre écrivain s’adressa Jung: James Joyce, mais le psychiatre ne put le recevoir et l’envoiya donc vers un confr re. Dépité, Joyce retourne en Irlande sans avoir rencontré Jung, trop occupé. L’auteur se moquera de la psychanalyse de Jung, en mémoire de cet événement, dans Finnegans Wake. Autour de Jung par ailleurs trois femmes dont deux américaines (Kristine Mann et Eleanor Bertine) et une anglaise (Esther Harding, qui fonda en 1922 le Club Psychanalytique de Londres) devinrent les principales militantes de son uvre aux États-Unis et en Angleterre. Le docteur Helton Godwin Baynes s’enquit de traduire ses uvres en langue anglaise. Au Club de Zurich, certaines dissensions aboutirent des départs ; Oskar Pfister notamment dénonçait le culte de la personnalité autour de Jung. Un temps donc Jung, Emma et Toni Wolff quitt rent le Club pour n’en revenir qu’en 1924. Cette année, Jung, que l’on surnomma alors « le sage de Zurich », fit la connaissance de l’excentrique Comte Hermann Keyserling, fondateur de l’ Ecole de la sagesse Darmstadt, o il fut souvent invité.

Voyages

En 1925, Jung et quelques amis proches se rend de nouveau aux États-Unis pour un séjour de découverte du pays.Il visite ainsi Chicago, Santa Fe et Taos, le Grand Canyon, le nord-ouest de l’Arizona, le Nouveau-Mexique et le Texas, puis La Nouvelle-Orléans et Washington D.C. Il en profita également pour rassembler des matériaux de recherche sur la pensée indienne d’Amérique. A ce titre, il rencontra, par l’intermédiaire d’une analyste jungienne, Jaime de Angulo, Antonio Mirabal, surnommé « Lac des Montagnes », chef de la tribu Hopi.Jung eu avec ce dernier de nombreuses discussions concernant le syst me religieux des hopis, fondé sur la prédominance du soleil.

A la fin de l’année 1925 (en juillet), Jung, aidé de Fowler McCormick, monta une expédition, baptisée « expédition psychologique de Bugishu », en Afrique. L’objectif pour Jung était de lui fournir un « point de rep re » hors de sa propre civilisation.Il déclarait vouloir recueillir les témoignages de deux tribus vivant sur le mont Elgon : les Karamojong et les Sabei.Grâce son interpr te, un indig ne qui parlait swahili, du nom d’Ephra m, Jung put approcher au plus pr s des tribus et de leurs modes de vie.L’expédition était partie de Nairobi jusqu’ l’Ouganda. Puis Jung décida de remonter jusqu’en Egypte en suivant les sources du Nil, passage dangereux et alors peu pratiqué. Ils faillirent mourir lors de cette traversée du Soudan mais parvinrent récupérer un bateau les conduisant au Caire. Cette ville le séduisit beaucoup, bien qu’il dut admettre plus tard qu’il « ne pu jamais tre en contact réel avec l’Islâm ». Cette année 1925 marqua un besoin de voyager, besoin qui s’atténuera dans le reste de la vie de Jung, qui se consacrera désormais pleinement découvrir « ce qui se passe quand on éteint la conscience ».

Maturité et renommée internationale

A partir de 1925 et de son retour d’Afrique, ses interventions prirent une forme davantage structurée, par la mise en place d’une série de conférences hebdomadaires, sur quatorze années (ayant lieu le mercredi matin, en anglais). La premi re eut lieu du 26 mars au 6 juillet 1925, intitulée Psychologie analytique, au cours de laquelle Jung donne une histoire de sa pensée, revenant aussi sur les « années Freud ». L’Association de Psychologie Analytique obtint d’Edith McCormick une sublime bâtisse dans laquelle se trouve encore aujourd’hui l’ Institut C.G.Jung. D s lors, Jung constitue autour de lui des hommes et des femmes qui le suivront jusqu’ la fin.Barbara Hannah (1891-1986), américaine, sera sa continuatrice aux Etats Unis. Le physicien, prix Nobel, Wolfgang Pauli vint trouver Jung en 1931, pour des r ves étranges et pour son alcoolisme.Cependant, découvrant la richesse de ses matériaux archétypiques, Jung décida d’orienter Pauli vers une autre analyste, Erna Rosenbaum, afin de ne pas interférer avec sa vision brute de ces éléments.Jung en sélectionna ensuite quarante-cinq, qui prirent place dans son essai Les symboles oniriques du processus d’individuation.S’ensuivit également une amitié indéfectible et « une extraordinaire conjonction intellectuelle, non seulement entre un physicien et un psychologue, mais entre la physique et la psychologie ». Jung s’entoura aussi de James Kirsch, Carl Alfred Meier, seul analyste qualifié par Jung de « disciple » et « dauphin », et de Jolande Jacobi (1890-1973) qui, subjugée par Jung, passe son doctorat de psychologie dans le seul espoir de l’aider dans son travail.

Enfin, la véritable rencontre de cette époque fut pour Jung celle de Marie-Louise Von Franz (1915-1999), en juillet 1933 alors que la jeune fille n’avait que dix-huit ans.Tr s douée dans des mati res comme les mathématiques, la médecine et les lettres classiques, Von Franz était déterminée devenir l’associée de Jung.Celui-ci l’orienta donc vers une discipline o il manquait et de temps et de compétence, pour avancer dans ses recherches: la traduction et la philologie.Jung en effet avait besoin de quelqu’un pour traduire des textes alchimiques anciens écrits en latin, en grec, ou en ancien français, domaines dans lesquels la jeune Von Franz excellait. Sa découverte de l’alchimie datait alors d’une dizaine d’année, depuis sa rencontre avec le sinologue Richard Wilhelm, chez le Comte Keyserling, avec lequel il entretint une profonde amitié jusqu’ la mort de Wilhelm en 1930.

Jung redécouvre l’alchimieRevenant souvent sur ses écrits premiers, Jung entreprend d s 1930 de se consacrer aux archétypes et l’inconscient collectif. Il met au point également une méthode d’analyse propre, consistant reporter les patients en cure sur des confr res et cons urs proches, tout en suivant l’évolution de l’analyse réguli rement. Cette méthode aboutit plus tard la notion d’ analyse didactique et fut d s le début couronnée de succ s. Jung développa aussi la pratique de la double thérapie: les patients étaient en analyse avec Jung mais aussi avec l’un de ses associés, du sexe opposé au leur, en raison des biais dus l’anima/animus. Ses cures analytiques furent des réussites, Aniela Jaffé expliquant que Jung avait le don « de mettre le doigt sur la vérité de chaque analysant ». Celles-ci étaient fondées sur un relation directe avec le patient, sur l’explication psychologique de leurs troubles sans euphémisme, sur la dépression créatrice enfin, ou l’examen approfondi de leur émotion.

De 1930 1934, Jung analyse notamment Christiana Morgan qui mettait en dessin ses r ves.Le psychiatre suisse utilisa ainsi ses esquisses pour illustrer sa théorie des images archétypiques. Mais le contexte politique en Europe évoluant (montée des fascismes), Jung décida de consacrer désormais ses conférences sur le Zarathoustra de Friedrich Nietzsche grâce auxquelles il publie La structure de l’inconscient. De plus en plus, Jung s’intéresse l’objectif et au para-psychologique, et moins aux cas de ses patients; selon Henderson, en 1934, « Les séminaires de Jung ne contenaient plus de matériaux liés des cas individuels ». D s lors Jung voit d’ans l’alchimie un terreau pertinent permettant de comparer les archétypes, et illustrant le concept d’individuation. Cette passion entraîne le départ de Toni Wolff qui n’y voit que superstition; Von Franz elle reste aux côtés de Jung.

De 1933 1937 il fut la t te de la société de psychanalyse allemande. Son premier éditorial déclarait : « the society expects all members who work as writers or speakers to work through Adolf Hitler’s Mein Kampf with all scientific efforts and accept it as a basis » est bien parue dans l’édition internationale (et pas seulement dans l’édition allemande), dans son édition de décembre 1933.

Jung reçoit de cél bres patients, parmi lequels: Hugh Walpole, H.G. Wells, Arnold Toynbee et Scott Fitzgerald. En 1932, le Neue Zürcher Zeitung demande Jung un article sur Pablo Picasso l’occasion d’une exposition la Kunsthaus. Jung accepte mais rédige un article dénué de compréhension pour l’Art moderne, ce qui lui vaut de nombreuses critiques.La m me année, l’analyse qu’il fit du Ulysse de James Joyce fut également un fiasco. Jung découvrit réellement Joyce alors que celui-ci revint le consulter, cette fois pour sa fille Lucia, atteinte de graves troubles de la personnalité. Cependant leur relation fut assez houleuse, Jung suspectant Lucia d’ tre la femme inspiratrice de Joyce, qui peignait un monde dépressif selon lui.

En 1933, Jung visite la Palestine avec un ami, le chimiste Hans Eduard Fierz-David, qui était un précieux atout pour le psychiatre, car travaillant l’époque sur une histoire de la chimie allant de l’alchimie la science moderne.La Palestine fit tr s forte impression sur lui par ailleurs.La m me année, Jung assista pour la premi re fois aux journées d’Eranos, organisées par Olga Fröbe-Kapteynn pr s d’Ascona.Si l’idée venait de la riche hériti re de la Compagnie des Freins Westinghouse en 1930, lors de leur rencontre chez le Comte Keyserling, Jung ne fit qu’en donner le nom. Ces rencontres étaient destinées tre un lieu d’échanges entre psychologues, médecins, mythologues, théologiens et scientifiques de tous bords.Tr s vite, ces journées s’érigeaient en défense de la psychologie analytique.

En 1935, le corps médical britannique invita Jung pour une série de conférences organisées l’Institut de Psychologie Médicale de la clinique Tavistock de Londres.Jung y présenta sa théorie, et la notion d’inconscient collectif.Samuel Beckett et son analyste, Wilfred Bion étaient dans l’assemblée. Jung évoqua également l’importance de la religiosité du patient dans le cadre de la cure, avançant m me que le syst me de la confession était une psychanalyse avant l’heure.Il conclut alors sur le danger de la « b te blonde », l’Allemagne nazie qui témoignera, selon lui, du risque lorsque « L’image archétypique que l’époque ou le moment produit prend alors vie et s’empare de tout le monde », sorte de psychose collective qu’il avait annoncé dans ses écrits d s 1918.

En 1936, Jung est invité pour une autre intervention lors de la Conférence sur les Arts et les Sciences, Harvard, o il reçoit également la distinction de docteur honoris causa. Néanmoins, sa présence fut perçue de mani re mitigée; en effet un précédent article de Jung intitulé Différences indéniables dans la psychologie des nations et des races avait été accusé de sympathies nazies. Un autre article, son retour des Etats-Unis, lors d’un entretien dans le quotidien anglais The Observer sur la psychologie de la dictature mit le feu aux poudres. Jung y disait en effet voir dans le président Theodore Roosevelt qu’un semblable de Hitler et de Mussolini. Un autre phrase envenima la situation: Jung assimilait Hitler un « medium » et exprimait: « La politique allemande ne se fait pas, elle se rév le travers Hitler.Il est le porte-parole des dieux comme jadis ». Postérieurement cet épisode aggrava la perception de Jung, considéré comme pro-nazi, opinion encore renforcée par une rumeur qui veut que Jung se soit rendu en Allemagne en 1936, invité par Joseph Goebbels, chef de la propagande, qui voulait son opinion sur l’état mental des dignitaires du Parti. C’est avant tout un proche de Jung, Wylie, qui narre cet événement, dont aucun document n’atteste la véracité, mais qui donna de l’eau au moulin de ses détracteurs. Lors des conférences Terry de New Haven (pr s de Yale) en octobre 1936, l’Eglise unifiée de Bridegport, intitulée La religion vue la lumi re de la science et de la philosophie, Jung évoqua ses nouvelles recherches sur l’alchimie.L Jung acquit deux nouvelles personnalités sa cause: l’analyste James Whitney junior et l’écrivain Robert Grinnel.

A son retour, Jung repart pour un séjour en Inde avec Fowler McCormick de nouveau.Ils visit rent Calcutta, Delhi, Bénar s (o Jung reçut un nouveau titre honorifique), Madras, Ceylan entre autres villes.Ce voyage fut pour lui « un moment décisif de [s]a vie (…) ce dont j’ai fait l’expérience l -bas a mis fin au probl me chrétien tel que je me le posais ».En effet en découvrant la spiritualité indienne, il découvrit également un syst me donnant autant de place au Bien qu’au Mal, deux concepts tr s liés, sans connotation morale en Inde.Jung rencontra par ailleurs des auteurs de traités sur le yoga Kundalini et sur le culte de Kali Calcutta. Jung fut ensuite touché par une violente dysenterie amibienne qui le cloua au lit. Il fut alors assailli par des r ves pénétrants qui tous renvoyaient l’image du Saint Graal. L’un de ces r ves le marqua profondément comme étant l’« un des plus impressionnants qu’il ait jamais faits ».Ces visions le mirent sur le chemin du développement du concept d’individuation, relativement ce qu’il avait retiré de son séjour en Inde sur le Bien et le Mal.Jung fit connaissance avec l’image du Soi également; il comprit d s lors le sens de ce r ve qui lui imprimait l’ordre d’« all[er] au-del du monde chrétien ».

Jung en 1910

La controverse lors de la Seconde Guerre Mondiale

Depuis les années 1926-1927, Jung était affilié un groupe d’analystes berlinois, dirigé par Robert Sommer et Wladimir Eliasberg, nommé Société Médicale Générale de Psychothérapie, et qui avait pour but de fédérer les perspectives freudienne, jungienne et adlérienne.Parmi les membres siégeait Matthias Heinrich Göring, cousin de Hermann Göring, futur Reichmarshall du Parti Nazi. La particularité de Jung fit que, contrairement Freud, la psychologie analytique fut bien perçue en Allemagne et ce bien avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir.Cette société fut d s 1933 récupérée par le mouvement Völkisch, notamment par la Deutsche Glaubensbewegung (« Mouvement de la Foi Allemande ») de Hauer. Néanmoins, selon Bair, « Il n’existe cependant aucun document prouvant son éventuelle adhésion » ce mouvement, dont il avait rencontré le chef de file chez le Comte Keyserling. D’ailleurs, en 1934, Hauer fut exclu des rencontres d’Eranos et Jung cessa toute relation avec lui.

C’est surtout un essai de 1918, De l’inconscient qui fit dire que Jung était affilié au nazisme, d’autant plus qu’en Allemagne la psychologie analytique était mieux considérer que la théorie freudienne, accusée de « science juive ». Dans cet essai, Jung distinguait les juifs allemands des Allemands de souche. Néanmoins ses propos furent décontextualisés. Pour Jung en effet, les juifs n’ont pas voir avec la question de l’identité nationale, n’ayant pas de patrie; de plus « ils sont civilisés un plus haut degré, mais ils ont un rapport moins aisé ce quelque chose en l’homme qui touche la terre, qui puise en elle des forces nouvelles, ce côté terrien que l’homme germanique rec le en lui-m me dans une dangereuse concentration ». De plus, en 1933 le président de l’époque de la Société Médicale Générale de Psychothérapie, Kretschmer, démissionna, refusant d’aider les nazis subvertir la psychothérapie. Depuis 1934, vingt quatre des trente six membres juifs de la Société s’étaient déj exilés. Le 21 juin 1933 Jung devint le nouveau vice-président de la Société Médicale Générale de Psychothérapie, six mois après l’arrivée d’Hitler au pouvoir. A ce moment, et en dépit de l’accord unilatéral de Jung, le psychiatre suisse était considéré en Allemagne nazie comme « le chercheur germanique le plus important de la psychologie des profondeurs dans le monde aryen anglo-saxon », cependant, la décharge de Jung, Cimbal voyait d’immenses difficultés dans le ralliement de Jung au nazisme.Pendant cette période les conférences et articles de Jung furent vite récupérés par le pouvoir nazi, l’opposant toujours avec la science juive de Freud.En réalité, beaucoup de propos de Jung furent ambivalents.

Plus tard lorsqu’il se justifiera, Jung arguera que l’acceptation du poste de vice-président de la Société Médicale Générale de Psychothérapie avait été une tentative de sa part de sauver la psychanalyse « vouée une totale disparition ». Jung se justifie ainsi dans son Journal:

« Je me suis trouvé confronté un conflit moral. Devais-je, prudent et neutre, me retirer en sécurité de ce côté-ci de la fronti re, vivre en toute innocence sans m’impliquer, ou devais-je -comme j’en ‘étais bien conscient- risquer d’ tre attaqué, risquer l’inévitable incompréhension laquelle n’échappe pas celui-qui, pour des raisons d’ordre supérieur, est entré en relation avec le pouvoir politique en Allemagne aujourd’hui ? »

Lorsque le pouvoir nazi fut en place, la Société Médicale Générale de Psychothérapie devint l’Institut Göring, fer de lance de la Neue Deutsch Seelenheilkunde, la nouvelle science psychothérapeutique officielle du régime. D s lors, Jung refusa d’y adhérer mais Göring le manipula encore un temps, faisant croire son approbation totale (voir pour plus de détails le chapitre La critique de Richard Noll ci’dessous).

La polémique sur Jung nazi commença officiellement en 1934 avec un article du psychanalyste Gustav Bally dans le Neue Zürcher Zeitung qui l’accusait de collusion avec le régime allemand. En 1936 Jung donna sa démission mais peu apr s une man uvre de Gôring le fit revenir.Afin de se blanchir, Jung décide de publier ce qis era son essai le plus controversé: Wotan.Le dieu pa en de la mythologie allemande, Wotan représentait Hitler qui déversait son agressivité sur le monde. Une rumeur veut que Jung ait acheminé de l’argent pour que Freud puisse se réfugier Londres, via Franz Riklin.Jung apprenant que Freud était en sécurité lui envoya effectivement un télégramme de sympathie. En 1939, Jung fut reconduit dans sa fonction de l’Institut Göring.

Les détracteurs de Jung ont cependant oublié la double activité de Jung cette époque: président de la Société Médicale Générale de Psychothérapie d’une part, mais passeur de juifs en exil d’autre part. En effet, d s la Nuit de Cristal, le 9 novembre 1938, Jung use de son influence sur les services suisses de l’immigration, subvenant aux besoins financiers, pour faire sortir d’Allemagne des intellectuels juifs. C’est ainsi qu’il permit l’exil du français Roland Cahen et de son amie Jolande Jacobi.

N’arrivant pas proposer sa démission cause des man uvres administratives de Göring, Jung profite d’un entretien pour la revue américaine Heart’s International Cosmopolitan de Yale pour élaborer un Diagnostic des dictateurs. Il y présente Hitler comme un psychopathe patent. Göring finit donc par accepter la démission de Jung le 12 juillet 1940. D s lors il est également inscrit sur la Scharze Liste, la liste noire des auteurs dont les ouvrages étaient bannis d’Allemagne, et sur la liste Otto pour la France occupée.

Confiné en Suisse, Jung est mobilisé la fronti re avec l’Allemagne, le pays étant menacé d’invasion. Beaucoup de ses amis américains propos rent de l’héberger aux États-Unis ou Londres, mais Jung répondit vouloir rester en Suisse: « Nous sommes enracinés dans notre terre suisse ». Colonel dans l’armée suisse, apr s l’appel du général Guisan pour défendre la nation, Jung devint médecin militaire la fronti re.

Jung agent secret

Durant cette période, Jung devint également un agent pour les services alliés. Contacté quelques années avant la guerre par un diplomate en poste au Foreign Office, Ashton-Gwatkin, tr s impressionné par l’analyse de son essai Wotan quant la psychologie des nazis.Jung communiquait avec le Foreign Office via un ami, Baynes qui écrivit un livre fondé sur l’essai de Jung: Germany Possessed. Baynes contribua par ailleurs au développement de la psychologie analytique en Angleterre. L’opinion de Jung fut par ailleurs appréciée en raison de sa vision des moyens mettre en oeuvre pour faire chuter Hitler.Jung préconisait en effet de diriger son tempérament vers l’Est, vers la Russie. Le Foreign Office le recruta donc sous le nom d’ agent 488. Un autre agent, affilié aux comploteurs allemands contre Hitler, dirigé par le général Walter Schellenberg, Wilhelm Bitter, psychiatre, avait été désigné pour entrer réguli rement en contact avec lui, en Suisse. Cependant, la découverte de la conjuration de Schellenberg, le réseau fut annihilé. Des jungiens américains comme Gerald Meyer et Mary Bancroft, furent également employés par les Services Secrets pour diagnostiquer les dirigeants nazis, pour les « profiler » en quelque sorte. L’agent Dulles de l’OSS rencontra par ailleurs Jung en 1943, célébrant le « mariage encore expérimental de l’espionnage et de la psychanalyse ». Ils y établissent le profil psychologique des chefs nazis, dont Hitler, qui selon Jung, finira par se suicider. Avec cette activité aupr s des Alliés, Jung montre une autre facette de lui-m me, celle d’un anti-nazi. Dulles prendra en effet sa défense, expliquant:« Le jugement qu’il portait sur eux [les chefs nazis] et sur leurs possibles réactions aux événements m’a réellement aidé jauger la situation politique.sa profonde antipathie pour ce que représentaient le nazisme et le fascisme est apparue clairement au cours de ces conversations ». Néanmoins la nature ultra confidentielle de la relation de Jung avec l’OSS ne permeit pas d’apporter des pi ces sa décharge au dossier de la polémique. Par ailleurs, en 194(, le général Dwight D. Eisenhower, commandant supr me des forces alliées en Europe, étudia le point de vue de Jung sur la meilleure façon d’aider les civils allemands accepter la défaite, afin de restaurer au plus vite l’Allemagne, exsangue.

En 1940, aux États-Unis, Mary Mellon rédigea les premi res Annales des Journées d’Eranos: un recueil d’essais disparates intitulé The Integration of personnality, parut en Angleterre. En 1941, Jung se rendit pour les Journées d’Eranos, commémorant les quatre cents ans de la mort de Paracelse. Il reconnaissait en l’alchimiste-médecin son égal de l’époque, un homme aux prises de contradictions avec la mentalité de son époque. Entre 1941 et 1954, Jung travailla en effet sur l’alchimie et sur son ouvrage majeur, point culminant de sa pensée: Mysterium Conjunctionis. En 1942 les jungiens suisses créent la Fondation Bollingen, du nom de la tour de Bollingen, o travaille seul Jung, non loin de sa maison de Kusnacht.

En 1944, Jung fut atteint d’une embolie pulmonaire qui le laissa dans le coma. Il y vécut des événements fantasmatiques et oniriques puissants. Jung rétablit, il eut la nette conviction qu’il lui fallait maintenant exploiter les notes collectées dans son Livre Rouge, en relation avec ce qu’il a d s lors appelé les visions de 1944. Désormais Jung sera physiquement affaibli. Henri F. Ellenberger a qualifié l’expérience de Jung de « maladie créative », en utilisant les termes de neurasthénie et d’hystérie.

Après-guerre et dernières années

Apr s la guerre, Jung reçut son septi me titre honorifique de l’université de Gen ve, remis par le psychologue Jean Piaget. Jung publia ensuite un nouvel essai: Apr s la catastrophe dans la Neue Schweizer Rundschau dans lequel il s’interroge sur « le travail moral de reconstruction » d’apr s-guerre. C’est réellement en 1945 que les accusations contre Jung commencent, avec un article de S.S Feldman dans l’ American Journal of Psychiatry évoquant des citations hors contexte de Jung comme la tr s cél bre et tr s polémique: « L’inconscient aryen a un potentiel plus important que celui des juifs » ou des références la responsabilité de Freud dans la Seconde Guerre Mondiale. En réponse, Jung et ses proches décid rent de publier un recueil des textes de cette époque pour resituer chaque citation dans son contexte scientifique. Un ouvrage colligeant donc Wotan, La psychothérapie aujourd’hui et Apr s la catastrophe fut décidé, sous le nom Essais sur les événements contemporains (Aufsätze zur Zeitgeschichte), contre l’avis de Jolande Jacobi qui y vit un prétexte donné aux détracteurs, en plus d’une tentative d’auto-justification vouée la polémique son tour.

En 1946 Ernest Harms fit son apologie dans un essai intitulé C.G. Jung, le défenseur de Freud et des juifs, contre les accusations d’Albert Parelhoff, critique principal de Jung. Puis Wylie publia An Essay on Morals (un essais sur les m urs) o il défendit Jung, et propos duquel ce dernier déclara avoir été enti rement compris. Cependant un autre scandale enflamma de nouveau la polémique. La Fondation Bollingen décerna en effet en 1949 le « prix Bollingen » Ezra Pound pour ses Cantos pisans. Or pendant la guerre, Pound était considéré comme pro-fasciste italien. La visite de Winston Churchill C.G.Jung en 1946 n’atténua en rien le conflit. La m me année le psychiatre apprit par l’intermédiaire de Jolande Jacobi que le FBI espionnait Jung et avait constitué un dossier intitulé: Carl Jung, objet: activités subversives, existant depuis 1940. Jung était soupçonné, via ses amies américaines, d’espionner les Etats-Unis pour les nazis.

En 1947, Jung, apr s deux infarctus, décida de faire la synth se de toutes ses recherches sur l’inconscient.Il avait en effet déj publié en 1946 La Psychologie du transfert qui était l’origine une partie distincte du Mysterium Conjunctionis.En 1947 fut publié Psychologie et alchimie, puis en 1951 se fut le tour de A on.En 1952 il publia le cél bre et tr s controversé Réponse Job, écrit partir des éléments des journées d’Eranos intitulées Une approche psychologique du dogme de la Trinité.Il y explore le concept du mal considéré comme une simple privatio boni.

D s lors Jung diminua considérablement ses activités de thérapeute, se consacrant ses recherches avec Von Franz, ayant les « Grands R ves » et les Archétypes pour objet. En 1948 l’Institut C.G Jung ouvre ses portes et accueille une trentaine d’él ves. Jung y joue un rôle actif jusqu’en 1950. Lors de son discours inaugural le 24 avril 1948, Jung prévoit de fructueux rapprochements entre la physique et la psychologie. Travaillant en effet cette époque avec Wolfgang Pauli sur un recueil intitulé L’Interprétation de la nature et de la psyché, Jung examine alors les phénom nes extra sensoriels, étudiés notamment aux États-Unis la m me époque par Rhine. A l’Institut c’est aussi le début de ce que certains ont appelé le « culte de Jung », qui valut les critiques de Richard Noll. Hans Trüb, un ancien ami de Jung s’opposa également ce moment sa théorie du Soi. Critiquant Jung quant l’identification qu’il faisait du Soi Dieu, Trüb se rattacha d s lors la théorie mise au point par le suisse Dumeng Bezzola: la psychosynth se. Trüb exprima ce détachement dans son ouvrage Du Soi au Monde, paru en 1947, puis dans La Guérison par la rencontre. Jung se lia d’amitié au p re dominicain Victor White, spécialiste de Saint Thomas d’Aquin. White était attiré par la théorie jungienne et voulait créer un pont entre foi chrétienne et psychologie. Néanmoins les deux hommes se quitt rent sur la polémique de la privatio boni, née de Réponse Job. Jung donna sa derni re conférence aux Journées d’Eranos en 1951, évoquant son nouveau concept, celui de synchronicité, esquissé dans son essai A on »". Jung souhaite dorénavant expérimenter la notion et réunit pour cela un groupe de proches en se fondant sur le Tarot de Marseille et sur l’astrologie. Pauli donne ainsi deux conférences relatives au concept de synchronicité, intitulées l’influence des représentations archétypiques sur la formation des théories scientifiques de Kepler, prononcées en 1948. Jung travailla également avec Karl Kerényi, spécialiste hongrois de la mythologie.

Wolfgang Pauli, une amitié indéfectibleEn 1953 Toni Wolff déc de, causant un grand choc Jung. Par ailleurs sa femme Emma Jung avait un cancer qui lui laissait peu de temps: elle mourut en novembre 1955. Jung se passionna d s lors pour le phénom ne des soucoupes volantes et en écrivit un ouvrage: un mythe moderne qui eut un fort retentissement. En 1956 fut publié le Mysterium Conjunctionis. Dans le monde émergent alors les futurs successeurs de Jung dans l’entreprise de la psychologie analytique : Eugen Böhler, aux Etats Unis, applique la théorie jungienne l’économie; en Angleterre Anthony Storr et Anthony Stevens diffusent ses th ses ; en France Henri Corbin, Gilles Quispel et Elie Humbert défendent son uvre face la prédominance du freudisme. Il existait m me des partisans en URSS.

Vers 1956 des amis et proches de Jung le sollicit rent pour qu’il écrive son autobiographie. Plusieurs tentatives eurent lieu mais finalement on aboutit au livre ma Vie, souvenirs, r ves et pensées rédigé par Aniella jaffé, sa secrétaire d’alors. C’est surtout Kurt Wolff, l’un des fondateurs de la Fondation Bollingen et son responsable éditorialiste qui convainquit Jung de réaliser une autobiographie en dépit de ses réticences. Jung opta dans un second temps pour une biographie sous forme d’entretiens spontanés intitulée Souvenirs improvisés.Les séances eurent lieu chaque jour dans l’année 1957, mais le 10 janvier 1958 Aniella Jaffé annonça Wolf que Jung désirait écrire lui-m me sa biographie.Apr s un consensus avec ses proches, Jung décida de ne pas évoquer la période controversée de la guerre dans cette autobiographie. En 1961 Jung parvint malgré les maladies répétition terminer un dernier ouvrage: Essai d’exploration de l’inconscient, publié dans le recueil l’Homme et ses symboles, né de l’interview accordée John Freeman en 1959 pour la BBC. Jung confia Marie-Louise Von Franz la poursuite de son travail notamment le processus d’individuation, et la responsabilité de ses titres édités. Jung continua travailler sur son autobiographie jusqu’ sa mort, luttant contre la dégénérescence et les troubles de mémoire. Il fit, au crépuscule de sa vie, deux r ves interprétés par ses proches analystes comme des r ves dévoilant que l’homme de Bollingen était parvenu l’unité et la totalité.

En mai, Jung fut atteint d’une attaque cardiaque qui le priva de la parole. Il la recouvrit quelques heures avant la mort, assez pour parler son fils Hans, puis il mourut paisiblement le 6 juin 1961 l’âge de 86 ans dans sa maison pr s du lac de Zurich Bollingen, en Suisse alémanique, dont il avait lui-m me fait les plans, afin de se ressourcer et d’ tre en communication avec son Soi. La famille Jung fit faire deux moulages de son visage mortuaire.

la Tour de Bollingen, construite par CG jungA la nouvelle de sa mort, les hommages internationaux se multipli rent parmi lesquels celui de Jawaharlal Nehru.Lors de la cérémonie commémorative, Edinger, qui fut le dernier intervenir, conclue la vie de Jung par un appel solennel: « Jung n’est plus, mais les retombées de son génie ne font que commencer ».

La relation et la rupture avec Sigmund Freud

La relation avec Sigmund Freud se consolide durant l’année 1907. Cette rencontre avec Freud (de 19 ans son aîné) est pour Jung déterminante. Il écrit par exemple :

« Un coup d’ il superficiel sur mon travail suffit pour voir ce que je dois aux géniales conceptions de Freud. Je puis assurer qu’au départ, j’ai passé en revue toutes les objections qui ont été lancées par les spécialistes contre Freud. Mais je me suis dit qu’on ne pouvait réfuter Freud qu’ condition d’avoir soi-m me utilisé souvent la méthode psychanalytique et d’avoir vraiment fait des recherches de la m me mani re que Freud, c’est- -dire en considérant la vie quotidienne, l’hystérie et le r ve de son point de vue, sur une longue période et avec patience. Si on ne peut pas le faire, on n’a pas le droit de porter un jugement sur Freud moins de vouloir agir comme ces fameux hommes de science qui refusaient de regarder travers la lunette de Galilée. »

L’année suivante, en 1908, il accompagne Sigmund Freud et Sandor Ferenczi lors de leur voyage aux États-Unis, o il donne des conférences l’Université de Clark Worcester, Massachusetts C’est lors de cette période que Freud le désigne explicitement comme son « successeur et prince héritier ».

Sigmund Freud en 1911 Pourtant, la même année, Vienne, un propos de Freud sera l’origine de son éloignement progressif :

« J’ai encore un vif souvenir de Freud me disant « Mon cher Jung, promettez moi de ne jamais abandonner la théorie sexuelle. C’est le plus essentiel! Voyez-vous, nous devons en faire un dogme, un bastion inébranlable » »

, « Cela n’a plus rien d’un jugement scientifique, mais rel ve uniquement d’une volonté personnelle de puissance » conclut Jung. Cette demande est moralement impossible pour Jung qui ajoute : « Ce choc frappa au coeur notre amitié. ».D s lors Jung voit dans la psychanalyse une théorie novatrice prise dans l’auto-justification de son créateur, une théorie qui n’admet pas les autres obédiences et que Jung nommera le matérialisme scientifique de Freud.

Leur premi re divergence porte sur les origines de la religion.Freud travaillait alors en 1910 sur son ouvrage Totem et tabou et comptait tre le premier écrire sur ce sujet, la lumi re de la psychanalyse.Cependant Jung le devança dans la premi re partie des Métamorphoses et symboles de la libido. Freud revendiqua alors la paternité de ces idées.Freud argua notamment que le christianisme, auquel faisait constamment référence Jung, limitait trop son horizon de recherche. Ce sujet amorça par conséquent la future brouille des deux hommes, pris dans un syst me de compétition de pionniers que traduit clairement un propos de Freud dans une lettre Jung, datée du 14 novembre 1911: « Il est s r, de par la différence de nos personnes, que notre travail sera aussi tr s différent.Vous trouvez les joyaux, mais moi j’ai le degree of extension ».

Selon le biographe de Freud, Ernest Jones, la dégradation de leur relation commence réellement en 1911, au Congr s de Weimar, mais ne elle ne porte pas sur le concept de libido comme souvent on a pu le penser.Selon lui, le probl me venait plutôt de ce que « Jung était si absorbé dans ses recherches, que celles-ci nuisaient gravement ses obligations de président » de l’Association de Psychanalyse Internaionale.

Un autre critique de Freud, de méthode, portait sur le fait que Jung s’appuyait sur trop de sources extérieures ; Jung répliqua en expliquant qu’il trouvait « trop inquiétant de laisser de côté de larges domaines du savoir humain ». La méthode dite circulaire de Jung, qui revenait sans cesse sur ses écrits antérieurs dérangeait Freud.

Le débat autour du concept de libido, en 1912 met le feu aux poudres, propos du cas cél bre de Daniel Paul Schreber, auteur des Mémoires d’un névropathe.Freud y voit l’illustration de son concept de libido, or, pour Jung: La suppression de la fonction de réalité dans la demencia praecox ne se laisse pas réduire au refoulement de la libido (définie comme faim sexuelle), du moins, moi, je n’y arrive pas. Freud voit alors en Jung un partisan d’Adler et de sa volonté de puissance.

La représentation de ce que doit tre la cure analytique également est source de brouille.A propos du cas de la patiente Mme C (Elfriede Hirschfeld) qui consulta Jung en 1911 puis le quitta pour Freud, les deux hommes découvrent des différences quant la méthode thérapeutique, la place du patient dans celle-ci, sa relation l’analyste, en définitive quant la notion, centrale en psychanalyse, de transfert. Chez Freud, le patient était sur un divan, allongé, et derri re lui l’analyste ne disait mot ; chez Jung le patient et l’analyste s’asseyaient face face et dialoguaient directement.

Lors des conférences aux États-Unis, Jung exposa en détail les points de divergences entre la psychologie analytique et la théorie freudienne qui reposaient tous sur la vision du complexe d’Oedipe qui était selon lui un concept trop limité. Derri re ce débat il y avait la question de l’inceste. Jung la consid re comme un désir de retour la m re avant d’ tre un désir génital visant le parent de sexe opposé, ce qui remet en cause la primauté, donnée par le concept de libido freudienne, la sexualité.

Plus tard, c’est surtout le concept jungien d’inconscient collectif, que Freud a toujours considéré comme inutile, et que la conscience populaire retiendra, qui officialisera la rupture, qui tient également des incompatibilités de types (Jung se dit introverti alors que Freud était extraverti) et de caract res.

En dépit des divergences théoriques, c’est surtout une différence de types qui aboutit la rupture des deux hommes, envenimé par le « geste de Kreuzlingen », comme l’atteste la lettre de Freud officialisant la brouille:

« … Votre allégation, comme quoi, je traiterais mes partisans comme des patients est évidemment fausse…( ) … Par conséquent, je propose que nous abandonnions nos relations personnelles compl tement. »

— Sigmund Freud, Lettre Jung, 1913

En dépit de cette rupture précoce dans la carri re de Jung, celui-ci conservera toute sa vie un profond respect pour Freud qui lui a permis d’acquérir une méthode rationnelle d’analyse des phénom nes inconscients, comme les associations d’idée.Linda Donn et Pierre-Emmanuel Dauzat, dans Freud et Jung.De l’amitié la rupture délivrent les pérégrinations d’une relation intense entre les deux hommes fondateurs de la psychanalyse.

Une relation non réglée, de type p re (Freud) / enfant (Jung) s’installa donc entre les deux hommes. Jung expliquera plus tard la nature de cette relation en recourant ses types psychologiques.Selon lui il était un introverti alors que Freud était un extraverti. Les deux courants psychanalytiques, dans leurs relations mutuelles et publiques, garderont toujours les restes de cette tension originelle.Nombre de freudiens n’auront de cesse d’attaquer la psychologie analytique alors que les jungiens, eux, fid les l’esprit de Jung, tenteront de conserver intact l’héritage et pour ce faire limiteront les exhibitions publiques. Néanmoins certains freudiens, troublés par les apports des sciences modernes comme la neurobiologie, relativiseront le conflit historique, tel Jacques Lacan qui dira en 1975 : « Jung disait la vérité. C’est m me son tort – il ne disait que ça ».

La cause du conflit entre Freud et Jung conditionne bien plus que l’histoire des relations entre la psychanalyse et la psychologie analytique : elle exerce une profonde influence également sur les raisons du rejet médiatique et institutionnel des théories de Jung.Le conflit des deux hommes a eu lieu principalement sur la dimension mystique ou en tous les cas humanistes de la psyché. Le XX me si cle promut les théories matérialistes dont le freudisme ; le XXI me sera, de l’aveu m me des psychologies modernes, davantage centré sur l’individu.

La critique de Richard Noll

L’accusation de partisans du régime nazi dont C.G Jung a fait l’objet dès 1932 l’a poursuivi toute sa vie durant, alimentant une polémique intellectuelle quant la place de la psychologie pendant la Seconde Guerre Mondiale. Si les détracteurs de Jung ont été nombreux depuis, le principal accusateur reste Richard Noll, américain, psychologue et professeur Harvard d’histoire des sciences, qui publia par deux fois des ouvrages examinant l’ambivalence selon lui du personnage de Jung.Richard Noll néanmoins propose ses arguments bien apr s la mort de Jung puisque Le Culte de Jung (The Jung cult) est publié en 199′ et Le Christ aryen (The Aryan Christ) lui date de 1997. Son argumentaire est violent, assimilant Jung un gourou aux délires de grandeurs, accumulant autour de lui une mafia, et pétrit de théories racistes et nazies, promoteur d’un Christianisme intégriste, voyant en Jung un « proph te völklich ».

Néanmoins derri re l’arri re-plan des accusations de collusion avec le nazisme (sur lesquelles Noll ne délivre aucune analyse rationnelle), l’auteur appuie son réquisitoire sur la critique de Jung comme destructeur de la religion chrétienne: « J’ajouterai une remarque, au risque de susciter la controverse apr s avoir réfléchi des années l’impact considérable de Jung sur la culture et le paysage spirituel du vingti me si cle, je suis parvenu la conclusion qu’il a exercé une influence aussi importante que l’empereur romain Julien l’Apostat (331-363) sur l’érosion du christianisme institutionnel et la restauration du polythéisme hellénistique dans la civilisation occidentale. ». Ce que reproche Noll c’est la tentative selon lui que Jung a entreprise, via le culte de sa personne comme mod le et proph te, de restaurer le paganisme.

Noll consid re Jung comme un menteur, n’ayant jamais cru ses concepts originaux, uvrant pour la déconfiture du monde religieux: « je suis convaincu – et c’est l’un des arguments de cet ouvrage – que Jung a fabriqué délibérément, et quelque peu trompeusement, ce masque du vingti me si cle pour rendre sa vision du monde magique, polythéiste et pa enne plus acceptable une société la cisée, conditionnée ne respecter que les idées d’apparence scientifique. ».

Néanmoins ces ouvrages de Jung sont pour la plupart des psychologues et historiens de la psychanalyse, des attaques personnelles. Elizabeth Roudinesco notamment argumente: « M me si les th ses de Noll sont étayées par une solide connaissance du corpus jungien […], elles méritent d’ tre réexaminées, tant la détestation de l’auteur vis- -vis de son objet d’étude diminue la crédibilité de l’argumentation. »

Noll fonde enfin ses attaques sur la période trouble de la biographie de Jung, d s 1932, lorsqu’il remplace Ernst Kretschmer la présidence de Société Internationale de Psychothérapie, alors récupérée par les nazis allemands. Noll argue que Jung fut alors, de sa volonté m me, « Reichsführer » de la psychothérapie en Allemagne, et qu’il chapeautait également la société freudienne de psychanalyse, comme le relate l’ami de Freud Ernest Jones dans sa cél bre biographie, La Vie et l’ uvre de Sigmund Freud[49].Néanmoins, Deirdre Bair dans sa biographie cumulant des centaines de sources différentes conclut que Jung a été manipulé par Matthias Göring, proche du pouvoir.Comme Friedrich Nietzsche, l’ uvre de Jung fut récupérée son insu, et détournée. Des preuves existent que Jung a fait modifier les statuts de la société afin de permettre aux psychothérapeutes juifs allemands – qui pouvaient encore le vouloir – une affiliation individuelle car ceux-ci étaient en effet interdits dans toutes les sociétés savantes en Allemagne. De plus Jung a aider l’exil sur le sol suisse de nombreux intellectuels juifs.

Richard Noll affirme également que dans la fameuse tour de Bollingen, Jung, franc-maçon, fait représenter un certain nombre « d’outils et de symboles maçonniques et alchimiques ».Cette th se est reprise dans l’ouvrage de Jean-Luc Maxence, Jung est l’avenir de la Franc-Maçonnerie .

En réalité, et objectivement, la polémique naît de quelques propos de Jung de l’époque, et sur le fait qu’il ait légitimé son poste de président dans le but de défendre la psychanalyse de Freud. Jung affirme en effet qu’il avait agi ainsi en accord et avec l’aide de ses coll gues et amis juifs pour sauver la psychanalyse que les nazis considéraient comme une « science juive ». Ses propres écrits sur la nature juive ou aryenne de l’inconscient ont néanmoins pu semer le trouble: « Les juifs ont cette particularité commune avec les femmes: étant donné qu’ils sont physiquement plus faibles, ils attaquent par les failles que présente l’armure de leur adversaire (…). Le juif, individu relativement nomade, n’a jamais produit et ne produira certainement jamais une culture qui lui soit propre (…). L’inconscient aryen a un potentiel plus élevé que le juif.». C’est avant tout cette phrase, sortie du contexte de son analyse des manifestations de l’inconscient publiée dans Wotan qui marqua la polémique.Cependant, les propos de Jung souffraient alors d’un défaut de langage: ceux-ci pouvaient tre pris dans un sens puis dans l’autre; c’est seulement en 1999 qu’il parut dans une traduction correcte. En France, en 1995, dans le numéro spécial des Cahiers jungiens de psychanalyse consacré cet épisode, l’article de la Zentralblatt de janvier 1934 (« Zur gegenwartigen Lage der Psychoterapie ») fut supprimé de la liste dite « compl te » des déclarations de Jung entre 1933 et 1936.

Pour les défenseurs de Jung, Richard Noll, psychiatre proche du courant freudien, tente d’utiliser la polémique nazie pour décrédibiliser la psychologie analytique et en premier lieu l’hypoth se de l’inconscient collectif, hérésie pour les partisans de Freud. Pour Bair, Jung n’avait pas conscience d’évoquer des concepts qui pouvaient tre interprétés au gré de ses détracteurs; selon elle aucune source ni aucun élément n’atteste l’affinité de Jung au nazisme.

G. Badou, dans son Histoire secr te de la psychanalyse, chapitre le flirt de jung avec le diable explique: « Des lors, Jung est littéralement piégé. Sa marge de man uvre la t te de la société internationale est pratiquement nulle. Il en fera la cruelle expérience d s le mois de décembre 1933 », lorsqu’il constate que sa signature accompagne celle de Göring lors de la publication de la revue de la Société.D s lors pour Badou, Jung va tenter de se faire déclasser aux yeux du régime nazi.On oppose souvent sa bonne foi une citation sur la force de l’inconscient aryen face celui juif, or Badou montre que d s 1934 Jung a valorisé la culture juive: « L’inconscient aryen encore plus proche – selon jung- d’un état de jeunesse barbare est opposé a l’inconscient juif dont les racines sont aussi profonde que celle de la psychologie chinoise. Dans le contexte de l’époque, l’article n’est cette fois ci plus considéré comme une simple gaffe, mais une provocation », propos qui entraînent son statut de non grata au sein de la Société.

Son oeuvre

Psychologie jungienne ou psychologie analytique

Article détaillé : psychologie analytique .

Le concept de psychologie analytique apparaît en 1913, au XVII me Congr s International de Médecine organisé Londres en ao t. Dans une conférence, Jung définit sa nouvelle approche comme une psychologie ayant pour but la descritpion des manifestations de l’inconscient.Il la distingue des autres courants de la psychologie comme la psychanalyse de Freud, celle d’Adler, la psychologie des profondeurs d’Eug ne Bleuler enfin.Dans ses écrits Jung propose de nombreuses expressions synonymes, alternant les concepts selon l’objet de description du propos. Lorsqu’il parle des complexes, Jung emploi la locution « psychologie des complexes », en référence ses expérimentations sur les associations lors de son passage au Burgöhzli. L’expression de tiepfenpsychology -« psychologie des profondeurs » en allemand- est une façon pour Jung d’honorer sa collaboration fructueuse avec Eug ne Bleuler, créateur de ce courant.Ses successeurs (et détracteurs par ailleurs) nomme les théories matures de Jung: « psychologie jungienne », voire m me, par dérision, « jungisme ».

Le débat sur le fait que Jung se réclame davantage de la psychologie que de la psychanalyse, alors qu’il est perçu comme un analyste, dans l’expression psychologie analytique, est selon l’homme de Bollingen stérile car pour lui la psyché est naturaliter religiosa: « naturellement religieuse », dans son essence.

La psychologie analytique se propose de donner du sens ce qu’elle nomme l’âme (syst me psychique ) et propose une forme de développement de soi menant la découverte de notre propre âme: « La psychologie analytique nous sert seulement trouver le chemin de l’expérience religieuse qui conduit la complétude. elle n’est pas cette expérience m me, et elle ne la produit pas.Mais nous savons par expérience que sur ce chemin de la psychologie analytique nous apprenons l’ attitude, précisément, en réponse laquelle une réalité transcendante peut venir nous ».

Le terme d’âme utilisé par Jung a entraîner nombre de critiques, de la part de ses pairs mais aussi venant du monde religieux. Charles Baudouin replace la motivation de Jung dans son sens: « Si Jung n’est pas toujours clair, au gré de ses lecteurs, c’est qu’il ne c de justement pas au go t prématuré de l’abstraction, qui classifie en simplifiant, en schématisant ; il traîne avec l’idée, de peur de l’appauvrir, tout un amalgame de réalité humaine, naturelle, illogique,  » prélogique  » laquelle elle adh re intimement. C’est lourd peut- tre, mais c’est riche et vrai… Il a réintégré, dans la psychanalyse matérialiste d’hier, l’ »âme » nagu re refoulée; mais s’il a pu le faire efficacement, sainement, c’est bien parce que nul, plus que lui, n’a su conserver ce que Nietzsche appelait « le sens de la terre ». »

La structure de la psyché selon C.G.Jung (source: L’âme et la vie) La psychologie analytique a permis de décrire et de mettre jour des invariants de l’âme. En donnant du sens l’âme, en décrivant par exemple certains aspects de celle-ci (comme les archétypes), l’homme ou/et la femme pourraient, en se mettant en dialogue avec eux-m mes, entrer dans un processus d’individuation (ils deviennent plus eux m me, plus matures). Cela peut se faire par exemple au travers d’une discussion avec soi-m me sur ses r ves, mais cela ne constitue pas la seule voie. Lors de ce processus l’homme et la femme matures rencontrent des résistances, ils peuvent quand ils en éprouvent le besoin de demander l’aide d’un(e) psychologue junguien. Carl Gustav Jung met en exergue une compréhension de l’âme, que l’on nomme aujourd’hui plus volontiers psyché, travers l’exploration des r ves, des figures et des processus symboliques véhiculés par la mythologie et la religion, et interpr te les troubles intérieurs comme symptomatiques d’un manque d’unité spirituelle. Le mod le de cure analytique qu’il conçoit, centré sur l’âme, uvre l’individuation du sujet par le dialogue intérieur. ses yeux, les humains modernes dépendent trop de la science et de la logique et gagneraient s’intéresser la spiritualité. Aussi Jung voit-il une telle lacune comme source de misonéisme (rejet des progr s du savoir), attitude par laquelle il explique l’aversion du public pour l’idée d’âme et d’individuation. Certains scientifiques pensent a contrario que c’est la démarche de Jung qui est en résistance la science, voyant ses écrits comme ésotériques ou pseudo-scientifiques. Pour cette raison, la plupart des départements universitaires de psychologie n’enseignent pas les idées jungiennes, qui se voient plutôt étudiées en lettres ou en philosophie.Seuls quelques instituts privés comme l’Institut C.G. Jung de Zurich, crée de son temps, ou celui du SFPA de Paris continuent former des analystes jungiens.

La théorie jungienne redéfinit ainsi tous les composants de la cure psychanalytique, qui se démarque de celle de Freud: la fois réductive ou analytique (l’analyste recherche les causes) et prospective ou synthétique (le couple analyste/patient lle devenir et l’épanouissement mutuel), elle est selon Jung un « Processus dialectique entre deux individus » reposant sur le concept de compensation.

Chaque concept de la psychologie jungienne, donne du sens un aspect du syst me psychique. Mis en relation les un avec les autres, ils donnent voir le sens qu’ont essayé de donner, les psychologues analytiques (psychologues jungiens), sur « qu’est ce que le syst me psychique ? ».

Cependant les prendre séparément n’aurait pas grands sens mais en plus ne permettrait pas vraiment de comprendre. D’ailleurs la simple lecture de ce qu’est le psychisme chez Carl Gustav Jung n’apporte rien l’individu si ce n’est une certaine sensibilisation soi-m me. Ce qui est intéressant, du point de vue jungien c’est de se découvrir soi-m me, par le biais de l’individuation, concept-clé chez Jung.

« La complexité de la psychanalyse jungienne tient au fait que toutes les instances psychiques sont en étroites relations les unes avec les autres. Décrire isolément un concept donne de lui une vision forcément partielle car ne tenant compte ni des rapports dynamiques avec les autres instances ni de l’ensemble du syst me psychique. Tout est lié, tout est en mouvement. »

La difficulté de la compréhension du psychisme dans la théorie jungienne réside dans le fait qu’il faut s’ouvrir soi pour de vrai, c’est- -dire « se penser », « se ressentir » et « se questionner sur soi ». Elle a ainsi donnée naissance des pratiques thérapeutiques et de développement personnel variées.

« Comme Jung ne cesse de le dire : la rencontre de la psyché est une expérience, elle passe la fois par le mental et par le c ur, par l’intellect et par l’émotionnel. Cela demande une lecture circulaire, l’image de la spirale : la compréhension intellectuelle s’enrichit de la résonance émotionnelle, confrontation intérieure qui, son tour, m ne l’approfondissement de la compréhension »

Le créateur de concepts

Jung poursuit, tout au long de sa vie, une analyse de la psychologie humaine qui le fait s’intéresser la psyché de la personne normale avant de s’intéresser la psyché de la personne névrotique ou psychotique. Cette recherche a permis Jung de multiplier les outils d’analyse et les concepts permettant d’appréhender les manifestations psychiques. Cette différence fondamentale dans l’approche lui permet de mettre en lumi re des concepts psychologiques majeurs dits transpersonnels car intégré au psychisme objectif (hors de la personne), parmi lesquels les archétypes psychologiques.

le mandala: représentation de l’archétype de la Totalitéprédominants dans la compréhension de la notion, propre Jung de inconscient collectif, déterminé partir de ses études de la mythologie, de l’alchimie et partir d’un rapprochement entre pensée orientale – Kundalinî Yoga – et théories psychanalytiques. L’inconscient (psychologie analytique) : Par rapport Sigmund Freud (1856-1939), introducteur du concept moderne d’inconscient, Carl Gustav Jung apporte la notion d’inconscient collectif. Il déplace le fondement de la dualité pulsionnelle freudienne sur une double dualité, qu’il consid re comme archétypique : la dualité créativité/destructivité et la dualité Instinctivité/spiritualité, ces deux dualités n’étant pas superposables (il y a, par exemple, des dynamiques spirituelles destructrices). Jung voit dans le mythe, et en particulier le mythe biblique, la projection de l’inconscient collectif.

Au niveau personnel (psychisme subjectif), la psychologie analytique nous apprend que la psyché se compose de différentes instances jouant un rôle régulateur et dynamique, parmi lesquels:

l’ ombre qui est la somme de tous les refoulements subconscients, lié aux fonctions psychiques inférieures, au caract re, et tout ce que l’éducation et la socialisation ont repoussé dans l’inconscient personnel.

la Persona, fonction sociale de l’individu, c’est- -dire le caract re et les attitudes que l’homme donne voir aux autres.

les concepts sexués d’ animus (pour la femme) et d’anima (pour l’homme) ont permis de comprendre la fonction de régulation et de communication de l’ tre avec le psychisme de l’inconscient, notamment travers le r ve.

les concepts de Soi et d’ individuation donnent un sens et une orientation la démarche jungienne.

enfin, le concept de types psychologiques travers les notions d’introversion et d’extraversion et des quatre fonctions (Pensée, Intuition, Sentiment et Sensation) permet une description de la personnalité consciente.

Jung développe par ailleurs des concepts décrivant des réalités psychiques touchant d’autres disciplines comme celui de synchronicité, qui a trait la physique.D’autres concepts, étant davantage des outils d’analyse, font de la psychologie de Jung une démarche également herméneutique; il définit ainsi l’état psychique d’inflation, la personnalité mana, la fonction transcendantale, la mythanalyse, la loi de contamination archétypique. Jung a par ailleurs sa propre vision de manifestations psychiques comme le r ve, l’imagination active, les visions, les états modifiés de conscience (somnambulisme, cryptomnésie), ou m me la névrose ou la psychose, le transfert également.

Une liste détaillée, présentée dans la palette psychologie analytique permet de naviguer parmi les concepts jungiens. Se reporter également l’article psychologie analytique.

Jung a laissé, dans la psychanalyse, une démarche originale et érudite de l’étude de la psyché. En particulier, il contribuera toute sa vie une représentation de la psyché humaine dans sa complexité, savoir ses rapports la société, aux mythes, aux archétypes mais aussi la spiritualité et au transpersonnel.

Sur l’anti-sémitisme de Jung, le onzi me congr s international des Jungiens (IAAP) qui a eu lieu Paris en 1989, conclut:

«There was general acceptance that his (Jung) behavior was anti-semitic. I think it is clear it has taken Jungians collectively fifty years to begin the process in earnest. Jérome S Bernstein, juif jungien.» L’Ecole Jungienne de Zurich est appelée un devoir de mémoire.

Un interpr te de l’Alchimie

D s les années 1920 Jung découvre, grâce son ami sinologue Richard Wilhelm et sa traduction du texte ancien Traité du Myst re de la Fleur d’Or, la riche tradition de l’alchimie des souffles, l’alchimie des tao stes.Ses recherches l’emm nent ensuite vers la tradition alchimique européenne, de l’Antiquité tardive jusqu’ la Renaissance.Il y découvre un fondement sa psychologie analytique, une mise en image et en parabole de l’individu sur le chemin de l’individuation. « J’ai vu tr s rapidement que la psychologie analytique se recoupait singuli rement avec l’alchimie. Les expériences des alchimistes étaient mes expériences et leur monde était, en un certain sens, mon monde. Pour moi, cela fut naturellement une découverte idéale, puisque ainsi j’avais trouvé le pendant historique de la psychologie de l’inconscient.. Celle-ci reposait dorénavant sur une base historique. »

Paracelse, anc tre de C.G. Jung Il voit notamment dans la figure de Paracelse un psychologue d’avant la psychologie, un medicine-man, le ressemblant en bien des points qui aboutit un ouvrage : Synchronicité et Paracelsia en 1929.Paracelse l’initie par ailleurs au rapport ténu qui existe entre l’alchimie et la religion comme probl me moral de l’âme. Jung rédige ainsi un imposant ouvrage, Psychologie et alchimie o il s’attache démontrer les problématiques psychologiques aux sources des traités alchimiques, travers le concept de processus analytique,« c’est- -dire l’affrontement dialectique du conscient et de l’inconscient. », source des métamorphoses qui donnent sens aux contes, aux th mes oniriques et toute production de l’imaginaire:

« Il nous apparaît aujourd’hui avec évidence que ce serait une impardonnable erreur de ne voir dans le courant de pensée alchimique que des opérations de cornues et de fourneaux. Certes, l’alchimie a aussi ce côté, et c’est dans cet aspect qu’elle constitua les débuts tâtonnants de la chimie exacte. Mais l’alchimie a aussi un côté vie de l’esprit qu’il faut se garder de sous-estimer, un côté psychologique dont on est loin d’avoir tiré tout ce que l’on peut tirer : il existait une « philosophie alchimique », précurseur titubant de la psychologie la plus moderne. Le secret de cette philosophie alchimique, et sa clé ignorée pendant des si cles, c’est précisément le fait, l’existence de la fonction transcendante, de la métamorphose de la personnalité, grâce au mélange et la synth se de ses facteurs nobles et de ses constituants grossiers, de l’alliage des fonctions différenciées et de celles qui ne le sont pas, en bref, des épousailles, dans l’ tre, de son conscient et de son inconscient. »

Par compensation, l’alchimie a développé au cours des si cles un savoir répudié par les religions en place d’alors.« L’alchimie constitue comme un courant souterrain accompagnant le christianisme qui, lui, r gne la surface » résume-t-il.

la conjonction des opposés, gravure alchimique. C’est partir des uvres alchimiques du Moyen Âge et de la Renaissance (les traités de Michael Maier comme l’Atalante fugitive, de Johann Valentin Andreae (Les Noces Chymiques de Christian Rosenkreutz), Gérard Dorn surtout) mais aussi des époques antérieures (Pythagore[réf. souhaitée] et le cél bre traité fondateur La Table d’émeraude attribuée Herm s Trismégiste) et postérieures (Fulcanelli notamment) que Jung trouve la justification de ses mod les psychologiques. En effet il voit dans la recherche de la lapis philosophicae (la Pierre philosophale) la métaphore du cheminement de l’esprit vers davantage d’équilibre, vers une réalisation pleine et compl te, le Soi. Pour Jung toute la recherche de la transmutation du plomb en or ou chrysopée n’a servi, au cours de l’histoire, qu’ représenter ce besoin psychique humain, et en préserver les r gles et processus, et la connaissance (ou hermétisme) des menaces de la société de l’époque (l’Inquisition notamment).

Il montre au cours de diverses études la récurrence de certains symboles comme autant de représentations culturelles des grands archétypes. Jung atteste par l de l’actualité de l’alchimie, qui se retrouve aussi bien dans la peinture que dans la littérature (L’Ane d’or d’Apulée), que dans l’architecture et m me les sciences physiques (symbolisations chimiques) ou dans les découvertes scientifiques par des r ves notamment), la mentalité sociale enfin (le mythe moderne des ovnis par exemple). Pour lui cette imagerie sous-tend toute exploration humaine et explique, avec objectivisme, les myst res religieux comme la figure christique pour le Christianisme, qu’il a particuli rement étudié. Son étude explore néanmoins toutes les autres cultures et religions : le Zoroastrisme, l’Hindouisme, l’Islam, le Bouddhisme comme le polythéisme de l’Égypte Pharaonique qui préfigure selon lui le monothéisme.

Deux figures alchimiques majeures ressortent, d’un point de vue psychique, de ses études :

la figure de lUnus Mundi ou Anneau du monde comme image de l’inconscient travers les âges et conjonction du psychique et du physique. L’Unus mundus apparaît dans les phénom nes de synchronicité.

le motif du mysterium conjunctions (dans l’ouvrage éponyme) ou fusion des opposés psychiques.Il s’agit d’une réconciliation des opposés qui a pour si ge l’homme ordinaire et entraîne son «ennoblissement», faisant éclore en lui la figure archétypique de l’ anthropos ou homme primordial (Adam Kadmon dans la tradition hébra que) et «dieu terrestre», auquel Jung donne le nom de Soi.

Un initiateur, un homme dont on s’inspire

La psychologie analytique de C.G. Jung a permis d’influencer profondément les courants de pensée du XX me si cle.

Influence sur les courants psychologiques et psychothérapeutiques

Les théories de Jung sur l’inconscient collectif et les rapports entre la conscience et l’inconscient ont eu toutes sortes d’applications, pour la clinique et jusqu’ des dérivés dans le domaine du coaching et du développement personnel dont certains mod les se retrouvent comme par exemple dans la pratique de la PNL ou Programmation neuro-linguistique.

On pourra trouver cette influence aussi dans :

Les premi res expérimentations des associations libres de Jung et Riklin, au Burgöhzli, qui ont permis la création du psycho-galvanom tre, anc tre du détecteur de mensonges,

Le mouvement des Alcooliques Anonymes doit beaucoup un patient de Jung, Rowland H. Bill W, co-fondateur du mouvement d’entre-aide exprime ainsi: « Apr s s’ tre retiré de la direction du mouvement AA en 1961, Bill W., co-fondateur des Alcooliques Anonymes, s’est attaqué une tâche qu’il souhaitait depuis longtemps entreprendre, celle de souligner la dette de reconnaissance des AA envers tous ceux qui avaient contribué la naissance du mouvement. L’une de ces personnes était Carl Jung, qui Bill a écrit le 23 janvier 1961. »

La mythanalyse de Pierre Solié, de Michel Cazenave et de Jacques Durand, bien que ne se référant pas directement Jung, trouve ses origines dans Métamorphoses de l’âme et ses symboles et dans les images archétypiques.

Parmi l’un des concepts ayant connu une carri re dans la psychothérapie, il y a celui d’enfant intérieur. En psychothérapie ce terme a alors valeur de concept opératoire. L’enfant intérieur (ou enfant divin), pour Carl Gustav Jung, est, dans ce cadre théorique, la part enfantine de l’homme et de la femme. Il s’agit d’un archétype, donc d’une formation de l’inconscient collectif. Il a inspiré, des psychothérapeutes pour qui « Travailler au lien avec son enfant intérieur est alors utilisé aussi dans une démarche psychothérapeutique », de certains courants de la psychothérapie d’inspiration psychanalytique, (PIP désigne alors une famille de soins psychiques), comme chez John Bradshaw et Sidra Stone dans son ouvrage Le Dialogue intérieur.

Influence sur les sciences

La neurobiologie moderne nous confirme que le r ve se déclenche bien partir des structures profondes et instinctives du syst me nerveux central. Les th ses de Jung liées aux archétypes et la fonction du r ve comme mécanisme de compensation la vie diurne trouvent leur illustration dans les expérimentations modernes. Les tests des professeurs Horace Magoun et Giuseppe Moruzzi prouvent que stimuler le tronc cérébral produit des images archétypiques et allégoriques, proche de l’état paradoxale du r ve.

Hubert Reeves a été profondément influencé par JungLe concept de synchronicité, et le travail mutuel de Jung avec le physicien quantique Wolfgang Pauli a ouvert la voie d’une coopération de la psychologie avec la physique fondamentale. Les hypoth ses d’influence de l’observateur sur l’objet (paradoxe de Schrödinger) et le principe de décohérence quantique admettent la possibilité d’une interaction avec le psychisme au niveau de la mati re. Michel Cazenave a ainsi rassemblé, avec des scientifiques comme Hubert Reeves (astrophysique), Hansueli F. Etter (neurobiologie) et Karl Pribram (évolutionnisme) une étude générale de la synchronicité, dans L’Âme et la vie. Le mathématicien Olivier Costa de Beauregard a également transposé les hypoth ses jungiennes dans la problématique spatio-temporelle, avec son ouvrage Le second principe de la science du temps.

Influence sur l’éducation et la pédagogie

C’est l’écriture de l’ouvrage de Carl Gustav Jung, « Psychologie et éducation », qui le premier aborda psychologie analytique et éducation. Cet ouvrage donna lieu par la suite la création d’une pensée jungienne de l’éducation.

Dans la préface l’édition hébra que de « Psychologie et éducation » de Jung, (1958) on souligne que l’importance des apports de la psychologie analytique en ce qu’il y a d’original et de centrale : la place faite l’éducateur qui doit apprendre se connaître.

« … la psychologie analytique a contribué la connaissance : a) des adultes qui souffrent encore d’infantilisme perturbant ; b) des relations complexes entre parents et enfants ; c) des enfants eux-m mes. Les désordres psychiques des enfants sont généralement liés la psychologie et aux attitudes des parents et des éducateurs et on propose que la plus importante question apr s l’éducation de l’enfant soit celle de l’éducation m me de l’éducateur…. »

L’Education (psychologie analytique)

Dans le cadre de la psychologie analytique, l’éducation commence par celle de l’éducateur, en particulier au travers d’un apprentissage de soi, une connaissance de soi. Le présupposé étant que si l’on se connaît mieux, on peut mieux agir envers les autres, en particulier envers les enfants.

« … L’ uvre de Carl Gustav Jung conduit considérer que la relation pédago-gique ne met pas seulement en jeu des contenus ou des consignes ration-nelles, mais aussi une influence tenant la sensibilité et la personnalité du pédagogue. L’éducation n’est alors plus de l’ordre du seul discours, mais tient également aux dispositions psychiques de l’adulte. Or ces dispositions échappent largement aux méthodes pédagogiques programmées d’avance, et dépendent au contraire de ce que l’éducateur est dans le plus intime de sa psychologie. Cette attention portée l’équation personnelle de l’adulte cons-titue une véritable révolution copernicienne de la pédagogie, car si l’ tre de l’éducateur devient la principale détermination de l’influence qu’il exerce sur l’enfance, ce sera tout d’abord lui qui devra tre éduqué….. »

Des travaux ont d’ailleurs étaient réalisés, en sciences de l’éducation, a partir des concepts de Jung tel que l’individuation, qui donnera l’autorisation noétique dans les travaux de Joëlle Macrez-Maurel, ou plus encore la création de l’archetypal pedagogy dans les travaux de Clifford Mayes créant une approches théoriques ou les ouvrages de Frederic Fappani invitant a prendre « conscience du voyage si l’on veut faire voyager les autres ».

L’archetypal pedagogy

Le nombreux domaines de l’education furent donc étudiées a partir des travaux de Jung. Il y a en premier lieu les travaux de Clifford Mayes, Psychologue et professeur de sciences de l’éducation, qui posera les éléments théoriques pour une pédagogie archétypale.Dont l’ouvrage : Jung and education : elements of an archetypal pedagogy,ed. Rowman & Littlefield, publié en 2005 revelera les travaux de recherche au grand public. En france, les domaines de l’éducation spécialisée, de l’éducation « libre », et de l’éducation nationale connaissent des auteurs travaillant sur ces questions. Il y a aussi des auteurs comme Frederic Fappani,pédagogue jungien et chercheur en sciences de l’éducation qui developpa des ouvrages en lien avec la pedagogy archetypal , qui vient de l’éducation spécialisée, ou encore Patrick Estrade, psychologue et pédagogue jungien,qui s’est fait connaitre dans les années 80, pour avoir développé une approche autour du concept d’école de la vie et d’ tre aller jusqu’ envisager la réalisation d’une structure expérimentale ou encore Jean-Daniel Rohart professeur dans l’enseignement public français et pédagogue jungien. Il a produit de nombreux écrits sur les approches jungiennes possibles au sein de l’éducation nationale.

Influence sur la littérature et les Arts

La psychologie analytique a eu de nombreuses répercussions sur la littérature du XX me si cle. Certains auteurs ayant été patients de Jung se sont inspirés de son approche de la psyché et de l’imaginaire.La dimension transpersonnelle et l’étude des mythes ont ainsi permis des écrivains comme Herbert Georges Wells ou Hermann Hesse (dans Demian notamment), analysés par Jung, de teinter leurs univers de références aux concepts jungiens.Victoria Ocampo (qui a rencontré Jung en 1930), sur le po te américain Léonard Bacon ou Jorge Luis Borg s disent enfin avoir été influencés par Jung. Certains auteurs de science-fiction se sont également reconnus comme d’inspiration jungienne, comme Frank Herbert dans Dune ou Ursula Le Guin dans son cycle Terremer.

Le critique littéraire George Poulet a notamment transposé les mod les jungiens dans l’étude des textes et des univers imaginaires.

Au cinéma John Boorman dans Excalibur (1981) s’est inspiré de l’archétype du Saint Graal décrit par Jung. Le film de Roberto Faenza, L’Âme en jeu (2004) met en sc ne Jung et Sabina Spielrein. Dans Batman Begins, le médecin justifie le fait que les patients parlent d’un épouvantail effrayant en disant que cela correspond un archétype de Jung ( noter que dans l’histoire, le médecin sait que c’est son déguisement qui provoque ces souvenirs — il l’a choisi pour que la théorie de Jung fournisse une explication). Dans Full Metal Jacket de Stanley Kubrick un dialogue évoque la « dualité de l’homme », comme concept de C.G. Jung, pour justifier la cohabitation entre un slogan pacifiste et un slogan guerrier sur un m me casque.

Dans les séries, Jung est évoqué dans la saison 3 de Heroes. Quand Usutu affirme Matt Parkman qu’il doit trouver son totem pour le guider dans son voyage. Matt demandant s’il s’agit de fétichisme africain, se voit répondre que cela vient de la psychologie analytique de Carl Jung (et se voit reprocher son inculture). Dans l’épisode des Simpson Bart enfant mod le, un psychanalyste voit en Bart l’enfant intérieur prendre comme mod le pour les adultes (ce qui tourne au désastre, Bart étant l’enfant le plus odieux de la ville).

Influence sur les théories managériales

L’association libre et le Type psychologique ont donné naissance a deux théories :

Aushra Augustinavichute la créatrice de la socioniquele Myers Briggs Type Indicator: Il a créé le cél bre test des associations de mots dont Katherine Cook Briggs (1875-1968) et Isabel Myers (1897-1980) se sont inspirées pour développer le questionnaire MBTI ® (pour Myers-Briggs Type Indicator) utilisé dans certaines méthodes de coaching. Il ne cautionnera aucune approche se réclamant de lui.

La socionique: La socionique est une théorie des relations entre les types de personnalités inspirée des idées du psychanalyste Carl Gustav Jung, crée par Aushra Augustinavichute

Ces deux théories, l’une occidentale (le MBTI), l’autre soviétique (la socionique) sont nées durant la Guerre Froide; leur portée montre la dimension internationale des recherches de Jung.

Inluence sur la sociologie

Le mod le sociopsychologique du phénom ne ovni : Par rapport au phénom ne ovni, il est un des premiers auteurs, dans Un mythe moderne (1958), suggérer l’importance qu’il y a étudier autant le témoin qui rapporte l’observation que l’observation per se, et que l’explication du phénom ne se situerait tout autant dans la psyché que dans le monde extérieur. De ce fait, il est un des précurseurs de ce que l’on nomme aujourd’hui le mod le sociopsychologique du phénom ne ovni. Comme matériel, il propose des études de cas de r ves thématique ovni de ses patients. Son hypoth se principale est que les ovnis ont une forme de soucoupe par analogie avec les mandalas et qu’ils sont une reconduction de l’archétype du Salut, au sein d’une société dénuée de relation avec son inconscient.

Les hypoth ses mystiques de C.G Jung ont enfin conduit au développement du courant dit New Age qui en reprend les concepts d’inconscient collectif et d’âme psychique.L’intér t de Jung pour le Yoga Kundalini notamment, et globalement pour les croyances orientales, va permettre tout le syncrétisme que l’on retrouve dans le New Age.

Influence sur l’anthropologie et les sciences humaines

Le trickster : C’est Paul Radin qui a rendu cél bre le Trickster (littéralement « farceur »), petit personnage mythique présent dans toutes les cultures. Le Trickster est par exemple l’équivalent du lutin dans la culture des indiens d’Amérique. Le trickster, « fripon divin », fait des tours pendables, poss de une activité désordonnée incessante, une sexualité débordante, etc., il est selon Paul Radin (1956) un miroir de l’esprit, un « speculum mentis ». Ce qui donna lieu grâce son co-travail avec Jung au développement du concept d’enfant intérieur, mais aussi inspira de nombreuse pratique psychothérapeutique. Le premier ouvrage fut publié par l’anthropologue Paul Radin The Trickster (1956). Il coécrivit aussi en lien avec ce sujet, Le Fripon divin: un mythe indien, qui comprend des textes des précurseurs de la Mythologie grecque de l’universitaire Karl Kerényi et les analyses du psychanalyste Carl Gustav Jung.

Gaston Bachelard enfin dans ses écrits comme la Psychanalyse du feu développe une théorie de l’imagination influencée par la symbolique des archétypes.Ses méthodes d’analyse doivent beaucoup la démarche de la psychologie analytique.

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